Varsovie préfère le charbon

Publié le : 30 avril 2014

Varsovie préfère le charbon

La dérive climatique touchera tout le monde, et les risques seront substantiellement réduits si les émissions de gaz à effet de serre baissent… mais aucun gouvernement ne semble décidé à donner un sérieux coup de collier. La Conférence de Paris, en décembre 2015, file droit vers la débâcle. La perspective d’un accord international contraignant pour succéder au protocole de Kyoto, arrivé à échéance en 2012, s’éloigne de plus en plus.

La 19e Conférence des parties de la Convention cadre des Nations unies sur le changement climatique, qui s’est tenue à Varsovie fin novembre 2013, n’a abouti à rien. Aucun progrès n’a été obtenu. Et le Gouvernement polonais a tout fait pour que cela soit le cas. De hauts fonctionnaires européens ont pointé l’attitude destructive de Varsovie qui est entrée en matière sur des discussions pourtant closes. Beaucoup d’énergie et de temps ont été perdus pour réintroduire dans les textes une distinction entre pays développés, tenus d’agir, et pays non développés, non tenus d’agir.

En parallèle à cette conférence, le Ministère de l’économie polonais organisait un Sommet sur le charbon et le climat. Pendant la conférence, le gouvernement a révoqué son ministre de l’Environnement Marcin Korolec pour le remplacer par un ministre favorable à l’exploitation des gaz de schiste. Pour comprendre pourquoi la Pologne cherche à saper les négociations internationales sur le climat, le dossier de LaRevueDurable sur ce pays est d’une totale actualité et pertinence (Enquête sur l’écologie en Pologne, LaRevueDurable n° 47, janvier-février 2013).

Organiser une conférence aussi importante à Varsovie deux ans avant le Sommet de Paris est un choix d’autant moins judicieux que la Conférence de Poznań, en 2007, avait déjà très mal préparé le Sommet de Copenhague, de sinistre mémoire, deux ans plus tard.