Trop chaud, trop sec

Publié le : 23 avril 2016

Les hautes températures éprouvent le vivant. Selon France Bois Forêt, qui réunit les professionnels de la sylviculture, en 2015, la sécheresse a fait périr 8 millions d’arbres plantés dans ce pays. A Puerto Montt, au Chili, 9 millions de saumons sont morts de fin février à fin mars. Le réchauffement de l’eau et l’absence de pluies ont fait pulluler deux micro-algues qui s’introduisent dans les voies respiratoires des poissons et les asphyxient, mettant en difficulté le deuxième plus grand producteur mondial de saumon d’élevage.

En Australie, l’automne n’amène pas la fraîcheur espérée. Les villes d’Echuca et de Tocumwal, au nord de Melbourne, en Nouvelle-Galles du Sud, ont souffert de la pire canicule de leur histoire : huit jours consécutifs à 38 degrés. Un peu plus à l’est, des herbes sèches Panicum effusum, appelées « panique chevelue », ont envahi la petite ville de Wangaratta à cause de la sécheresse.

En France, la Ligue de protection des oiseaux (LPO) craint les méfaits d’un printemps très précoce. Les oiseaux sédentaires (merles, mésanges, troglodytes…) ont bénéficié d’un pic de nourriture lors de l’éveil de la végétation et leur reproduction a débuté plus tôt. Ils seront donc plus nombreux cette année. Ce qui pourrait causer du tort aux oiseaux migrateurs qui arrivent à peine.

Les biologistes s’inquiètent aussi de la désynchronisation qui peut affecter toute la faune, en particulier les insectes. Par exemple, les jeunes chenilles se nourrissent de jeunes feuilles. Si la végétation est trop avancée, les mêmes feuilles, mais plus mûres, peuvent être toxiques au jeune insecte.