Echec à Bruxelles

Publié le : 30 avril 2014

Echec à Bruxelles

Pour commenter l’échec de Varsovie, Christiana Figueres, secrétaire de la Convention sur le climat, a fait honneur à la diplomatie : « Maintenant, les gouvernements, et tout spécialement les nations développées, doivent retourner à leurs devoirs pour revoir leur plan avant la Conférence de Paris. »

Le problème est qu’au lieu de faire comme le dit la maîtresse, les mauvais élèves ont tous d’excellentes raisons de remettre leurs devoirs à plus tard. Aux Etats-Unis, pour ne pas interférer avec les élections parlementaires de novembre 2014, il est hors de question de s’occuper du climat avant début 2015. Quant aux Européens, ils ne veulent plus rien décider avant 2015, comme l’ont annoncé les chefs d’Etat des 27 Etats membres réunis à Bruxelles en mars 2014.

Les objectifs que propose la Commission pour 2030 souffrent pourtant d’un manque aigu d’ambition : – 40 % d’émissions de CO2, + 27 % d’énergies renouvelables seulement et pas d’objectif contraignant d’économies d’énergie. La Climate Action Network Europe, coalition des ONG européennes impliquées sur le climat, demande une baisse d’au moins 55 % des émissions de CO2, une part de 45 % d’énergies renouvelables soutenables et 40 % d’économies d’énergie.

Les Amis de la Terre Europe vont plus loin et demandent une diminution d’au moins 60 % des émissions d’ici 2030, une baisse de l’énergie consommée de 50 % et un essor de la part des renouvelables d’au moins 45 %. Seule une action à cette échelle permettrait d’éviter les conséquences les plus dangereuses du changement climatique et apporterait des bénéfices maximaux à l’Union européenne et à ses citoyens.

www.foeeurope.org

Mais le monde vit une spirale négative sur le climat. A la veille de la Conférence de Varsovie, le Japon abandonnait son engagement de réduire ses émissions de 25 % à l’horizon 2020 (par rapport à 1990). Son nouvel objectif est une hausse de 3 % d’ici 2020. Les suites de Fukushima n’expliquent pas ce revirement. « Remplacer toute la production nucléaire par le fossile aurait tout de même permis de baisser les émissions de 17 % à l’horizon 2020 », calcule la Climate Tracker Initiative.

www.climateactiontracker.org

Une cause majeure de cette démission collective est l’influence qu’exercent les grands groupes industriels de l’énergie. Une étude des Amis de la Terre et de Corporate Europe Observatory le démontre, témoignages à l’appui, en ce qui concerne la politique climatique européenne. Ending the Affair Between Polluters and Politicians, mars 2014 :

https://corporateeurope.org