Les sciences n'entreront à nouveau en culture que si elles s'ouvrent à la démocratie

Rencontre avec Jean-Marc Lévy-Leblond.

Ondes électromagnétiques, nanotechnologies, organismes génétiquement modifiés, énergie nucléaire, chimie… La prolifération de produits technologiques, puits sans fond de problèmes éthiques, sociaux et écologiques de toutes sortes, constitue l’angle mort des démocraties contemporaines.

Il y a pourtant fort à parier qu’un plus grand partage de la décision en matière d’orientation de la recherche et développement apporterait de meilleures réponses aux défis sociaux et écologiques les plus brûlants du jour et atténuerait significativement la diffusion de technologies aussi problématiques qu’impopulaires.

Il est également très probable qu’une culture scientifique qui ferait de la critique son point fort passionnerait beaucoup plus la société que sa version complaisante qui domine actuellement. Une telle culture, nul doute, serait propice à l’émergence de compétences scientifiques et de choix technologiques d’autant plus judicieux et « socialement robustes », ou moins contestables, qu’ils résulteraient d’une délibération publique plus juste et équilibrée.

Le problème est que cette culture n’existe plus depuis belle lurette, insiste Jean-Marc Lévy-Leblond. Et que ses chances de revoir le jour resteront nulles tant que, justement, on exclura la recherche scientifique du champ de la démocratie, tant qu’on prétendra partager le seul savoir et surtout pas le pouvoir. Cela fait quarante ans que ce physicien, épistémologue, critique de sciences, amateur d’arts et de lettres, éditeur et, pour tout dire, homme de culture se démène pour que les sciences reviennent en culture et en démocratie.

Juin - juillet - août 2009

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034-009

3.00 CHF

  • Auteur : LRD
  • Rencontre avec : Jean-Marc Lévy-Leblond est professeur émérite à l’Université de Nice Sophia Antipolis, en France.