Nous, les poètes, nous voulons être immortels

Se promener en Pologne, c’est à coup sûr être saisi par la magie des paysages, souvent d’interminables étendues où alternent champs, prairies et bois, où surgissent des lacs, surtout en Mazurie, et que viennent briser des massifs montagneux plus ou moins hauts – Pieniny, Tatras, Beskides, Bieszczady – au sud, ou la mer Baltique au nord.

Les écrivains polonais ne sont pas insensibles aux mystères de cette nature. C’est le cas d’Adam Zagajewski, poète et essayiste né à Lwów, en juin 1945. Une ville qu’il n’a longtemps connue que dans les évocations de ses aînés : ses parents ont dû se résigner à la quitter1 quand il avait quatre mois, pour s’installer à Gliwice, ville modeste de la dense Silésie industrielle.

Après des études à Cracovie et une dizaine d’années de dissidence, Adam Zagajewski se résout lui aussi à quitter cette nouvelle terre de prédilection pour un exil, en France surtout, mais pas définitif. Après vingt-trois ans, il revient à Cracovie pour retrouver sa ville fétiche, son pays et sa culture, cette fois non entachés de l’idéologie communiste honnie.

Dès lors qu’Adam Zagajewski a connu et vécu la dissidence, cette interview réalisée en français l’interroge sur les raisons pour lesquelles les dérives écologiques dans lesquelles la société polonaise s’engouffre depuis une décennie, soutenues par des afflux massifs d’argent de l’Union européenne, ne déclenchent pas plus une réaction de résistance de la part de son intelligentsia, notamment ses poètes et ses écrivains qui aiment la nature.

Décembre 2012 - janvier - février 2013

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047-053

3.00 CHF

  • Auteur : LRD
  • Rencontre avec : Adam Zagajewski est poète et essayiste. Il vit à Cracovie depuis 2002 après avoir vécu près de vingt ans à Courbevoie, près de Paris.