Le changement climatique est un sujet hautement émotionnel


Les marchands de doute est un livre important qui a fait date. Les historiens des sciences Naomi Oreskes et Erik M. Conway y décrivent en détail la vaste entreprise de sabotage, aux yeux du grand public et des décideurs, des consensus scientifiques les plus clairs sur les sujets écologiques les plus essentiels, dont celui qui surplombe tous les autres, le changement climatique. Quatre ans plus tard, en 2014, ces deux auteurs récidivent avec une plus modeste fiction au titre explicite : L’effondrement de la civilisation occidentale.

Ils s’y propulsent en 2393 pour prendre du recul et de la hauteur sur la faillite de la civilisation occidentale qui, à la fin du XXe siècle et au début du XXIe, c’est-à-dire maintenant, n’a pas su enrayer la dégradation du climat. Cet échec a entraîné un « grand effondrement » et une « migration massive » qui ont eu raison de la civilisation.

Les deux coauteurs se mettent ainsi en situation de répondre à cette question : pourquoi cet échec alors que la dégradation du climat était parfaitement documentée depuis la fin du XXe siècle et que les solutions existaient ? Leur verdict est le suivant : la civilisation occidentale est tombée victime de deux idéologies qui l’ont empêché d’admettre une vérité qui remettait en cause son modus vivendi et, par suite, son pouvoir d’action : le positivisme et le fondamentalisme de marché.

Brillante et lucide, ce qui ne va pas si souvent ensemble, Naomi Oreskes présente ici ce travail de mise en scène et en perspective, revient sur Les marchands de doute dont il est l’émanation directe et donne des nouvelles du front du climat aux Etats-Unis.

Juillet - août - septembre 2014

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052-009

4.00 CHF

  • Rencontre avec : Naomi Oreskes est professeure d’histoire des sciences et professeure des sciences de la Terre et des planètes à l’Université Harvard, à Boston, aux Etats-Unis.