L'écologie industrielle ramène l'économie aux limites de la Terre (version papier)

Au commencement étaient les cycles naturels de l’eau, du carbone, de l’azote, etc. Avec la société industrielle, vinrent les cycles artificiels – du verre, des chiffons pour le papier, des engrais urbains pour les fermes, etc. – entre la ville, les usines et la campagne. Puis la société inventa le déchet, la poubelle, la décharge et l’incinérateur. Cette évolution a rompu tous les cycles de matières et d’énergie entre la nature et la société de consommation. Or, ce modèle débouche aujourd’hui sur un double cul-de-sac, celui de la finitude et de la vulnérabilité des ressources.

L’optique de l’écologie industrielle, qui consiste à envisager le système industriel comme un cas particulier d’écosystème, invite à boucler à nouveau les cycles de matières et d’énergie. Domaine de recherche et d’action en chantier depuis une vingtaine d’années, elle impose d’établir une comptabilité physique au côté de la comptabilité monétaire, prône la construction de synergies entre tous les acteurs de la société industrielle et un lien renforcé avec le territoire.

Champ encore en friche, l’écologie industrielle a besoin pour s’épanouir et révéler son potentiel du renfort des spécialistes de l’écologie scientifique et des sciences humaines autant que du soutien des pouvoirs publiques. Elle ne pourra pas non plus prendre de véritable ampleur sans un profond renouveau de la coopération au sein des sociétés et entre elles.

Et aussi dans ce numéro : 

  • Rencontre avec Jean-Louis Laville : L'"autre économie" donnerait toutes ses chances à la durabilité
  • Coup de projecteur : Il est urgent de reconsidérer l'essor de l'énergie végétale

Juin - juillet 2007

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