A Renens, sur le climat, la justicie est sortie du déni

Lorsque le sage montre la lune, il est très tentant de regarder son doigt. Lorsque les jeunes commettent des actes non autorisés pour stigmatiser la responsabilité de la finance dans la catastrophe climatique, le piège est l’enlisement dans la question de savoir si la désobéissance civile menace l’état de droit.

Pour justifier l’acquittement, début janvier, au Tribunal de police de Renens, des jeunes de Lausanne Action Climat (LAC)1 qui ont occupé une succursale de Credit Suisse, le juge a fait primer l’état de nécessité sur la violation de domicile et conclu l’occupation licite. Mais une avalanche de réactions ulcérées dénonce un jugement « politique », donc biaisé, voire légalement faux.

Elles-mêmes très politiques, ces appréciations évacuent bien sûr l’essentiel. Elles portent le sceau du déni. Le juge a acquitté les jeunes en partie parce que le procès l’a contraint à sortir de ce déni. Au contraire, dans le procès du jeune qui a peint des mains rouges sur les murs d’une autre succursale de Credit Suisse, à Genève, la juge a refusé d’écouter les témoins, ce qui l’a aidé à ne pas reconnaître l’état de nécessité.

Printemps - été 2020

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  • Auteur : LRD