La logique extractive du capitalisme de surveillance détruit la substance humaine

Le nouveau livre de Shoshana Zuboff est un événement. Cette
professeure émérite à l’Université d’Harvard y décrypte avec une maîtrise inégalée le modèle d’affaires que les principaux acteurs du numérique, et avec eux une grande partie des acteurs économiques, font leur depuis les années 2000. Ce modèle d’affaires, qu’elle nomme « capitalisme de surveillance », relègue les humains au statut de matière première gratuite, prédictible et manipulable à volonté, à des fins de pur profit. En un mot, il est inhumain.


Il est aussi antidémocratique. Il bouleverse les équilibres du pouvoir d’une manière qui ouvre la voie à une forme inédite de totalitarisme. Big Brother n’est plus aux manettes. Big Other, monstre ubiquitaire invisible qui traque tous les faits et gestes au profit des intérêts d’autres acteurs économiques, l’a supplanté. Le capitalis-me de surveillance n’est pas une fatalité, insiste Shoshana Zuboff.
Il faut et il est possible d’enrayer son emprise croissante sur les sociétés, de lui couper l’herbe sous le pied, d’en interdire la poursuite.

Eté-Automne 2019

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063-023

5.00 CHF

  • Auteur : LRD