Vivre ensemble en mégalopole (version papier)

Pour Ernest Hemingway, « Paris est une fête ». Pour Charles Baudelaire, cette ville serait aussi parfois un enfer. Enchantement pour les uns, aberration pour les autres, la grande ville suscite des jugements tranchés, positifs comme négatifs, toujours passionnés. Mais aujourd’hui, l’adjectif « grand » ne suffit plus à caractériser ce que deviennent certaines villes. Le terme mégalopole est là pour désigner une agglomération de plus de dix millions d’habitants. Paris et sa banlieue n’atteignent pas encore une telle dimension. A ce jour, seules vingt villes sont des mégalopoles. La plus importante est Tokyo, avec ses 26 millions d’habitants.

Point n’est besoin d’être grand clerc pour comprendre qu’aucune armée d’ingénieurs ou de technocrates, aussi doués soient-ils, ne réussira à faire de villes d’une telle ampleur des havres d’équilibre écologique et d’harmonie sociale. La première thèse de ce dossier est qu’il serait judicieux de freiner l’exode rural qui, partout dans le monde, contribue à accroître le nombre de mégalopoles et à gonfler encore plus celles qui existent déjà.

Mais l’héritage étant ce qu’il est, il faut bien le « gérer ». Et puisque l’adversité stimule la créativité, les mégalopoles ont beaucoup de réussites à faire valoir en matière de transports, d’habitat, de gestion des déchets et d’intégration sociale. La mégalopole n’offre pas d’échappatoire possible : elle oblige à apprendre à vivre ensemble.

Et aussi dans ce numéro :

  • Rencontre avec Martha Lux-Steiner : En 2050, l'électricité photovoltaïque pourrait atteindre 30% de la production mondiale
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Février - mars 2005 

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