Les villes hospitalières et écologiques ne construisent pas de tours

Rencontre avec Thierry Paquot. 

Un peu partout dans le monde, les tours prolifèrent et montent, de plus en plus hautes, dans le ciel. Cet envol a plusieurs origines : architectes en quête de « gestes » grandioses par la taille ou par la prouesse technique, grandes entreprises séduites par ce symbole de puissance, politiques en mal de preuves de leur modernité et d’opérations de prestige. C’est ainsi qu’à grands coups d’équipements voraces en énergie, de surenchère technique et de dépenses somptuaires, la tour ostentatoire flatte ses concepteurs, ses promoteurs et ses propriétaires.

La tour est en fait un objet dépassé, analyse le philosophe et spécialiste de l’architecture et de l’urbanisme Thierry Paquot dans « La folie des hauteurs ». Et elle ne se contente pas d’étaler sa vanité à la face du ciel, poursuit-il : elle désagrège la ville, casse son rythme, ses volumes et ses espaces, sépare de ce fait les populations les unes des autres et les pousse à se replier sur elles-mêmes.

Non-sens écologique, la tour n’est ainsi pas une bonne piste pour bâtir des villes accueillantes, où les citadins prennent plaisir à partager leur espace commun dans le respect de l’écologie. Concrétiser cet idéal passe par des formes urbaines plus compactes et plus composites.

Décembre 2008 - janvier - février 2009

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032-010

3.00 CHF

  • Auteur : LRD
  • Rencontre avec : Thierry Paquot est philosophe de l’urbain, professeur à l’Institut d’urbanisme de l’Université Paris XII-Val-de-Marne, éditeur de la revue Urbanisme et producteur à France Culture.