Briser un tabou

Les amas de déchets, l’accumulation de pollutions et la dégradation du cadre de vie dus à soixante ans de consommation de masse n’ébranlent pas le piédestal sur lequel la société a placé deux de ses principes fondateurs : la liberté du commerce et la souveraineté du consommateur. N’ayant semble-t-il jamais assez sacrifié de surfaces agricoles aux hypermarchés, les pouvoirs publics sont désormais prêts à gérer les montagnes de déchets que le consumérisme entraîne, à organiser leur tri, leur recyclage, leur incinération et autres « valorisations ». Le mot d’ordre est clair : pas touche à la surconsommation ni aux excès du matérialisme. Rarissimes sont les élus qui prônent la modération en matière de consommation.

Même les organisations internationales supposées défendre la cause de l’environnement se gardent bien de jouer les trouble-fête. Un document du Programme des Nations unies pour l’environnement (Pnue) explique que si les politiques de consommation « durable » n’ont pas la cote en Asie, c’est qu’elles sont perçues, « de manière erronée », comme une invitation à moins consommer. Et le Pnue de se tenir le plus possible à l’écart d’une pareille hérésie.

Novembre - décembre 2004 - janvier 2005

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