Agriculture : de la nécessité des peuples de se nourrir eux-mêmes (version numérique)

Un tiers des quelque 815 millions de personnes qui souffrent de faim dans le monde sont des paysans. Ce chiffre devrait suffire à convaincre que la faim n’est pas un problème de disponibilité de nourriture, ni de répartition de la surproduction mondiale, mais bien une question de reconnaissance des besoins des petits paysans démunis. Ces paysans, dont la production ne progresse guère depuis cinquante ans, sont aujourd’hui contraints d’écouler leurs produits à des prix qui leur permettent à peine de survivre. La lutte contre la faim est d’abord un combat pour améliorer leur situation.

Ce dossier se penche sur les deux réponses les plus essentielles à cette situation : augmenter la productivité de ces petits agriculteurs avec des méthodes simples qui ne créent ni dépendance économique ni nuisances environnementales insupportables ; ancrer l’agriculture dans le local en remettant en cause les règles iniques qui gouvernent le commerce agricole international. De plus, revaloriser l’agriculture locale au Nord rééquilibrerait les marchés internationaux, réduirait les transports polluants de produits agricoles et répondrait à une demande populaire qu’il faut espérer croissante : celui de savoir d’où vient la nourriture et comment elle est produite.

Principe encore très minoritaire et exclu de l’agenda de la gouvernance internationale, la souveraineté alimentaire est pourtant le seul qui soit capable de répondre à toutes ces exigences cohérentes avec l’objectif d’un développement durable.

Et aussi dans ce numéro : 

  • Rencontre avec Isabelle Stengers : Il faut résister aux déséquilibres du monde
  • Minidossier : Technologies : les pouvoirs publics préfèrent la prison au débat ouvert

Juillet - août - septembre 2003

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