Valoriser la biodiversité agricole

La Terre est comme un avion dont les boulons qui solidarisent les différentes pièces sont les espèces* de plantes et d’animaux. Perdre un ou deux boulons n’affecte pas son vol, mais s’ils cèdent les uns après les autres, la suite est facile à imaginer. Pour reprendre l’analogie de l’écologue états-unien Paul Ehrlich, les boulons qui tiennent la production agricole en équilibre dans le monde sont en train de sauter à vive allure. Le taux de disparition des races animales et des variétés* végétales utiles à l’agriculture est alarmant : 75 % de la diversité des espèces et des variétés ont disparu des champs au XXe siècle. La production agricole se concentre désormais sur trente espèces végétales et quinze espèces animales très uniformes.

Entretenir et faire revenir la biodiversité dans les campagnes est une question de survie. Les populations du Sud qui utilisent des variétés à foison savent bien que ne planter qu’une variété de mil ou de haricot revient à mettre tous les œufs dans le même panier : toute la production peut alors succomber à n’importe quel aléa. La biodiversité est aussi une garantie face à l’avenir. S’adapter aux changements climatiques ou se protéger contre de nouvelles maladies sera impossible sans le réservoir de potentialités que représente la diversité des formes de vie.

Aujourd’hui, conserver et réanimer la biodiversité ne consiste plus à dépêcher des expéditions dans le monde pour collecter des échantillons de plantes et des spécimens d’animaux puis les placer dans des conservatoires comme dans les années 1970. Cet objectif passe désormais par la cohabitation des différentes formes d’agriculture sur terre. Un défi culturel et politique, que souligne cet article. 

Septembre - octobre 2004

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012-015

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  • Auteur : LRD