En un demi-siècle, le régime de production des semences agricoles a été bouleversé deux fois

Rencontre avec Christophe Bonneuil.

Biologiste de formation, historien des sciences et des techniques, Christophe Bonneuil a beaucoup étudié la controverse sur les organismes génétiquement modifiés (OGM). Au début des années 2000, la direction de l’Institut national de la recherche agronomique (Inra) lui demande d’intervenir à un colloque sur le passé et l’avenir de l’amélioration des plantes. Sa communication deviendra un gros livre coécrit avec son collègue Frédéric Thomas.Gènes, pouvoirs et profits raconte l’histoire de l’« amélioration » des plantes en France durant un siècle et demi. Il identifie trois périodes radicalement différentes dans la manière dont la sélection variétale est pilotée et produite.

La première va de la fin du XIXe siècle aux années 1930. Elle se caractérise par une production des semences largement sous le contrôle des paysans. La seconde, qui couvre les années 1940-1970, voit l’Etat entrepreneur industrialiser les campagnes et diriger le progrès génétique. La troisième, à l’œuvre depuis les années 1980, est dominée par la molécularisation et la marchandisation du vivant.

Une sélection variétale citoyenne réconciliée avec la biodiversité est en train de voir le jour. Elle ne s’épanouira cependant au-delà d’un cercle minoritaire de paysans qu’avec la participation des chercheurs. Explications avec un historien les deux pieds bien ancrés dans l’époque contemporaine.

Juin - juillet - août 2010

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038-010

3.00 CHF

  • Auteur : LRD
  • Rencontre avec : Christophe Bonneuil est historien des sciences et des techniques, au centre Alexandre Koyré (CNRS), à Paris.