Il est urgent de soutenir les systèmes agricoles durables

Olivier De Schutter, rapporteur spécial des Nations unies pour le droit à l’alimentation, n’a pas la flamboyance de son prédécesseur, Jean Ziegler. Ni son sens des formules assassines. Mais il n’a rien d’une figure pâlotte. Derrière ses petites lunettes cerclées, on le sent concentré, précis, rigoureux. Et, surtout, animé d’une implacable détermination à défendre le droit à l’alimentation pour tous.

Ce juriste de 43 ans connaît bien les droits humains fondamentaux. Il a été, pendant quatre ans, secrétaire général à la Fédération internationale des Ligues des droits de l’homme. Spécialiste du droit international à l’Université catholique de Louvain, en Belgique, et enseignant dans diverses universités européennes et états-uniennes, il a été nommé au poste de rapporteur spécial lorsque les émeutes de la faim, en 2008, battaient leur plein.

Depuis, il sillonne la planète pour alerter les opinions sur les mécanismes qui affament et appauvrissent les peuples. Parmi les messages qu’il martèle à l’intention des gouvernants et des puissants, ce constat qu’étayent des analyses de plus en plus accablantes : la faim n’est pas, fondamentalement, due à une inadéquation entre l’offre et la demande agricoles. Elle est liée à des facteurs tels que l’accès insuffisant à la terre et à l’eau, l’hyperconcentration du secteur agro-industriel, l’absence de filets de sécurité pour les plus pauvres, etc.

Après un rapport très remarqué, en 2011, qui vantait les atouts incomparables des méthodes agroécologiques, Olivier De Schutter a braqué les projecteurs sur les ravages sociaux et environnementaux, au Nord et au Sud, de la malbouffe. Le journaliste Philippe Lamotte a réalisé cet entretien pour LaRevueDurable à Bruxelles.

Septembre - octobre 2012

En savoir plus

046-026

3.00 CHF