Accueil
Recevoir des infos par e-mail
Qui sommes-nous ?
Partenariats
Numéros déjà parus
Commander des numéros
Abonnements
Où nous trouver ?
Espace annonceurs (Kit media au format PDF)
Manifestations
Nous contacter
Soutenir LaRevueDurable
NON au charbon !
Le climat entre nos mains - Devenez Kyoto-compatible

 Commandes expédiées
 le 3e mardi du mois.
 Prochains envois :
   8 mai
 12 juin
   3 juillet
 14 août
 11 septembre
   9 octobre
 13 novembre
 18 décembre

facebook twitter

 

 

 

Le dossier

L'agriculture regagne du terrain dans et autour des villes
Le titre de ce dossier est volontairement optimiste. Car si les pratiques agricoles augmentent bel et bien en ville, si les extraordinaires et multiples vertus du travail de la terre recommencent depuis peu à être reconnues au coeur même des villes, y compris des plus grosses et des plus denses, le fait est que les terres disponibles continuent de diminuer dans et autour d'elles, comme partout ailleurs dans les campagnes, de manière dramatique.

A la cour d'Henri IV, le duc de Sully répétait à l'envi : « Labourage et pâturage sont les deux mamelles dont la France est alimentée, les vraies mines et trésors du Pérou. » C'était au début du XVIIe siècle, lorsque l'entière dépendance des humains à l'égard de la terre était une évidence pour tous. Autre temps autres moeurs : aujourd'hui, bétonnage et goudronnage sont les deux mamelles de la modernité inconsciente.

Cette artificialisation frénétique des sources de la vie, qui conduit la ville à tourner le dos à la campagne, part de l'idée fallacieuse, exacerbée depuis le XXe siècle, qu'il est sensé de couper les uns après les autres les cordons ombilicaux qui relient les humains à leur terre nourricière. Heureusement, les signes de reconnaissance de ce fourvoiement - de cette erreur fatale - se multiplient depuis quelques années.


Il ne tient qu'aux urbains, désormais majoritaires sur Terre, de renforcer la tendance à reconquérir les liens vitaux qui les attachent à l'agriculture, en commençant dans et autour des villes, sûrs tremplins vers une revalorisation globale de cette activité. Ce quarante-troisième dossier de LaRevueDurable atteste qu'en plus de fournir des quantités très significatives à manger, et à condition d'adopter les pratiques de l'agriculture biologique, l'agriculture intra et périurbaine a des retombées énormes en termes d'emploi, de qualité de vie, d'équilibres des cycles du carbone et de l'azote, de convivialité, de solidarité, de résilience et de pacification.

En forçant le trait, on peut dire que jardinage et compostage sont les deux mamelles d'une vie citadine réconciliée avec les racines de la vie humaine.



1. Situation de l'agriculture urbaine dans le monde
LRD


2. Réinstaller la campagne en ville
LRD


3. Tokyo, mégapole agricole

Nelly Niwa
(prépare une thèse sur l'agriculture intra-urbaine à l'institut de politiques territoriales et d'environnement urbain (Ipteh), à l'Université de Lausanne, en Suisse)

Tokyo a beau être une des plus denses mégalopoles au monde, elle abrite un fort taux d'activités agricoles dans son périmètre : 2 % de sa surface sont utilisés à cette fin. Issue de traditions millénaires, l'agriculture dans la capitale nippone prodigue de multiples avantages aux Tokyoïtes : outre de l'alimentation, elle fournit du bien-être, du lien social, de la fraîcheur l'été et une protection inestimable à l'égard de diverses catastrophes dont ce pays est coutumier.


4.
Pour s'alimenter, Paris a le choix entre se tourner vers ses terres ou vers la mer
Gilles Billen (chercheur à l'Université Pierre et Marie Curie, Paris IV, en France), Sabine Barles et Petros Chatzimpiros (chercheurs au Laboratoire techniques, territoires et sociétés (Latts), à l'Université de Marne-la-Vallée, à Champs-sur-Marne, en France) et Josette Garnier (chercheur à l'Université Pierre et Marie Curie, Paris IV, en France)

Les Parisiens dépendent de territoires ruraux pour s'alimenter. Deux options majeures se présentent à eux pour poursuivre leur approvisionnement alimentaire : privilégier leur hinterland, c'est-à-dire leur arrière-pays nourricier, ou préférer des terres lointaines, aux produits accessibles par voie maritime. La première solution, qui prolonge une longue tradition, a l'immense mérite de protéger les sources d'eau des Parisiens, de même que le climat global. Elle répond également à une aspiration locale de plus en plus populaire.


5. Le grand potentiel alimentaire de Rennes Métropole
LRD

L'agriculture urbaine n'a pas la prétention de nourrir les villes. Toutefois, une récente recherche sur le cas de l'agglomération rennaise décoiffe : les surfaces à l'intérieur du périmètre urbain pourraient, dans un scénario idéal, couvrir la bagatelle de 38 % des besoins alimentaires des Rennais. Il faudrait pour cela sortir d'une production et d'une consommation animales excessives, mettre en culture alimentaire une petite part des parcs, jardins et toits plats, et réorienter l'agriculture locale vers les circuits courts. En prime, l'impact sur le climat et les rivières serait majeur, le tout sans perte d'emploi.


6. A Genève, la planification énergétique territoriale inclut les serres agricoles
LRD

Produire des tomates en serres chauffées est très coûteux en énergie. Mais à Genève, le potentiel en économies d'énergie, en énergies renouvelables indigènes et en écologie industrielle identifié sur le territoire est tel que la possibilité de chauffer ces serres de manière optimale et durable ne relève plus de la science-fiction. Les autorités genevoises explorent ainsi toutes les synergies territoriales envisageables pour maintenir, dans la durabilité, cette activité essentielle pour l'emploi, l'économie et la vie locale.


7. Les politiques agricoles périurbaines gagnent le cœur des agglomérations françaises
Serge Bonnefoy (sécrétaire technique de l'association Terres en villes, à Grenoble, en France)

Entre planification et projet agricole local, urbanisme et agronomie, Etat et collectivités, la question agricole périurbaine a fini par se frayer un chemin en France. Il aura fallu une cinquantaine d'années pour qu'elle devienne une préoccupation commune de ses agglomérations et de ses métropoles. Et occupe ainsi une place de plus en plus honorable dans l'ensemble des politiques urbaines.


8. Les potagers se fraient une place en ville
LRD

L'agriculture urbaine a la cote auprès des citadins. Des citoyens et des professionnels qu'intéresse le vivre ensemble en ville commencent à le comprendre et proposent et parfois mettent déjà en oeuvre des moyens innovants d'associer vie urbaine et activités
agricoles, en particulier maraîchères. En Suisse, une recherche explore le potentiel de cette approche de la ville aux multiples vertus sociales et culturelles.


9. Les jardins d'insértion pacifient le paysage urbain : exemple à Sevran
Xavier Guiomar (chercheur à l'équipe Proximités, à l'Unité mixte de recherche Sadapt, AgroParisTech, à Paris, en France)

A Sevran, en Seine-Saint-Denis, le quartier socialement difficile du Pont-Blanc accueille un Jardin d'insertion par l'activité économique. Avec de fortes retombées : emploi, écologie, embellissement paysager, brassage multiculturel et entre générations, pacification des relations de quartier. Des améliorations notables sont encore à apporter au dispositif, mais l'expérience fait d'ores et déjà tache d'huile.


10. Montréal, porte d'entrée des jardins partagés en terres francophones
Eric Duchemin (professeur associé à l'Institut des sciences de l'environnement, à l'Université du Québec et membre du Collectif sur l'aménagement paysager et l'agriculture urbaine durable)

Les jardins partagés ou communautaires sont nés dans les grands centres urbains d'Amérique du Nord. Parmi eux, la Ville de Montréal a fait office de trait d'union entre le Nouveau Monde et le Vieux Continent francophone. Coup de projecteur sur ce haut lieu de l'agriculture urbaine et ambassadeur de cette pratique auprès des Français.


11. Des lapins et des poules mettent de la vie en ville
LRD

Il est très facile d'élever des lapins ou des poules en ville. C'est un excellent moyen de se procurer des protéines de très bonne qualité et de lutter contre le gaspillage. Associé à un jardin potager et à un compost, cela permet de boucler les cycles et de réduire fortement les ordures ménagères. Les petits élevages urbains ont aussi d'évidentes vertus pédagogiques pour les enfants - qui les adorent - et sont de magnifiques vecteurs de lien social. Autre point positif : manger sa propre production de viande invite et incite à consommer de façon responsable.


12. Genève et Lille tissent la ville agricole
Carolina Solar (architecte, elle a réalisée une thèse sur la connectivité paysagère à l'Ecole nationale supérieure du paysage de Versailles, en France)

Pour une bonne partie de la biodiversité, la ville et ses abords constituent souvent un mur infranchissable. Impossible d'y pénétrer. Aussi les agglomérations lilloises et genevoises travaillent-elles sur une parade : elles tissent de grandes rocades de contournement pour la nature. Avec l'aide précieuse des agriculteurs, elles mettent en place des réseaux d'espaces naturels et cultivés : faune et flore, qualité des sols et de l'eau, paysages et loisirs pour les urbains sont les grands gagnants de ces opérations de régénération des campagnes périurbaines.


13. Guide
LRD