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Le dossier

La petite agriculture familiale peut nourrir le monde
Aucun sujet ne cristallise à lui tout seul autant d’enjeux vitaux que l’avenir de l’agriculture mondiale : faim, pauvreté, climat (émissions et adaptation), énergie, biodiversité, eau, justice et équilibres économiques locaux et globaux.

La réponse de ce dossier à tous ces défis tient en trois éléments : la sobriété, l’agriculture familiale aux multiples fonctions au-delà de la vocation à nourrir et l’agriculture biologique, méthode agronomique fondée sur les propriétés des sols et du vivant. Il y a tout lieu de penser que ce trio forme le socle du salut terrestre au XXIe siècle.

Trois précédents dossiers de LaRevueDurable (1 2 3) donnent des pistes vitales pour promouvoir l’agriculture durable, paysanne et multifonctionnelle : organiser les marchés à l’échelle régionale, investir dans les campagnes des pays du Sud, réformer la politique agricole européenne, s’accorder sur des règles commerciales plus justes qui respectent la diversité des agricultures du monde, rétablir des liens directs entre paysans et consommateurs.

Ce trente-septième dossier explique pourquoi la petite agriculture familiale est irremplaçable pour l’avenir du monde et met en perspective ce qui la menace : la crise climatique, l’accaparement des terres, la fuite en avant de l’élevage industriel et l’intégration de l’agriculture dans le marché du carbone.

1) LaRevueDurable. Agriculture : de la nécessité des peuples de se nourrir eux-mêmes, LaRevueDurable n° 6, pp. 11-61, juillet-août-septembre 2003.
2) LaRevueDurable. Vive la biodiversité agricole !, LaRevueDurable n° 12, pp. 11-59, septembre-octobre 2004.
3) LaRevueDurable. Des réponses au « Cauchemar de Darwin » : agriculture locale et commerce équitable, LaRevueDurable n° 26, pp. 14-65, avril-mai-juin 2006.



1. Situation de l'agriculture dans le monde
LRD


2. Un scénario négawatt pour l'agriculture mondiale
LRD


3. La petite agriculture multifonctionnelle face à la tourmente du XXIe siècle

LRD

Un virage à 180°, une révolution, un séisme. Lorsque la flambée des prix des denrées agricoles s’installe à la une des journaux fin 2007, les éditorialistes attaquent à boulets rouges un vieux dictateur qui fait sa loi depuis un demi-siècle : l’agriculture industrielle productiviste. Outragée, brisée, martyrisée depuis des décennies, la petite agriculture familiale orientée vers les marchés locaux qui résistait héroïquement dans l’ombre apparaît soudain comme une option infiniment plus judicieuse. Il était temps.


4. L'élevage industriel déséquilibre le climat
LRD

Les équilibres écologiques et climatiques de la planète dont l’humanité a besoin pour s’épanouir sont incapables de s’accommoder de l’accroissement en cours des animaux d’élevage sur Terre. L’animal lui-même n’est pas en cause : il assure toute une série de fonctions vitales dans les fermes. C’est l’élevage industriel qui rompt tous les équilibres.


5. La menace de l'appropriation foncière à grande échelle
Perrine Burnod, Ward Anseeuw, Pierre-Marie Bosc (chercheurs au -CIRAD-, Département environnements et société) à Montpellier, France) et Marie-Aude Ev (chargée de mission au Centre d’études et de prospective du Ministère de l’alimentation, de l’agriculture et de la pêche à Paris, France)

La volonté d’investisseurs étrangers ou nationaux, publics ou privés de s’approprier de très vastes surfaces agricoles prend de l’ampleur sur tous les continents. Pour être en mesure d’élaborer des politiques publiques appropriées face à ce phénomène, il faut commencer par cerner les motivations des investisseurs et des pays hôtes, et évaluer les impacts de ce phénomène, en particulier sur les populations rurales.


6. Il faut cesser l'accaparement mondial des terres
Grain (Grain est une petite organisation à but non lucratif qui soutient la lutte des paysans et des mouvements sociaux pour renforcer le contrôle des communautés sur des systèmes alimentaires fondés sur la biodiversité.)

L’Organisation non gouvernementale Grain prend fermement position contre l’acquisition par des investisseurs privés de millions d’hectares de terres agricoles en accord avec les pays hôtes ou des fonctionnaires complices. Elle rejoint ainsi et soutient les mouvements sociaux qui s’opposent à ce phénomène contraire aux intérêts de l’agriculture paysanne.


7. L'agriculture biologique est parée pour affronter le XXIe siècle
Urs Niggli (dirige l’Institut de recherche de l’agriculture biologique à Frick, Suisse)

L’agriculture biologique bannit les intrants chimiques, notamment l’azote, et recycle les déchets de récolte et les engrais de ferme. Résultat, les sols biologiques sont plus sains, retiennent plus de carbone, possèdent une haute teneur en humus, une bonne structure, une forte aptitude à retenir l’eau et une excellente résilience à l’érosion. Ils résistent ainsi aussi bien aux sécheresses qu’aux fortes précipitations et émettent peu de gaz à effet de serre.


8. Les fausses solutions agricoles du marché du carbone
LRD

Canaliser une partie des fonds prévus pour réduire les émissions de gaz à effet de serre vers les agriculteurs qui capturent du carbone en bichonnant la matière organique du sol : l’idée est séduisante. En pratique, inclure l’agriculture dans le marché du carbone serait une catastrophe de plus pour le climat, la biodiversité et la petite agriculture familiale.


9. Le Limousin rend ses élevages moins nocifs pour le climat
LRD

Centre Centrée sur l’élevage bovin, l’agriculture en région Limousin est très fortement émettrice de gaz à effet de serre. Le Programme Limousin agriculture climat (Plac) mis en place voilà deux ans a pour but de rendre les élevages plus autonomes en apports alimentaires, plus économes en énergie et, par conséquent, moins nocifs pour le climat.


10. S'adapter coûte que coûte
LRD

Pour des millions de paysans, le changement climatique n’est pas un sujet de salon, c’est leur pain quotidien. En attendant que la communauté internationale réagisse plus fortement pour les aider à s’adapter, des initiatives voient tout de même le jour. Leur alliée la plus précieuse est la biodiversité.


11. Denrée de base au temps des Romains, l'amidonnier fait son retour en Italie
Irmgard Hoeschle-Zeledon (coordonne le Programme de gestion intégrée des nuisibles à l’Institut international d’agriculture tropicale à Ibadan, Nigeria), Stefano Padulosi (chercheur senior au programme Bioversity International à Rome, Italie), Alessandra Giuliani (collaboratrice scientifique au Département agriculture internationale de la Haute Ecole suisse d’agronomie de Zollikofen, Suisse) et U. Al-Haj Ibrahim (collaborateur au Département des plantes médicinales, aromatiques et ornementales à la Commission générale pour la recherche scientifique agricole à Damas, Syrie)

L’engrain, l’amidonnier et l’épeautre sont des variétés anciennes de blé, les blés vêtus. Sous l’effet de la modernisation de l’agriculture et de la société, elles ont fait les frais de l’érosion génétique qui lamine la biodiversité agricole depuis un siècle. En Italie, à l’initiative de paysans pionniers, de la recherche publique et de politiques territoriales intelligentes, ces blés vêtus et leurs ressources génétiques ont amorcé leur reconquête des champs et des assiettes.


12. Les petits élevages source de souveraineté alimentaire pour un milliard de personnes
Felix Bachmann (collaborateur scientifique à la Haute Ecole suisse d’agronomie de Zollikofen, Suisse)

L’élevage joue un rôle dans la souveraineté alimentaire de centaines de millions de petits éleveurs dans le monde. Mais l’industrialisation agricole rompt les équilibres qui leur permettent de vivre de cette activité. Face à cette menace et à des difficultés écologiques et sociales croissantes qu’aggrave le changement climatique, une intensification relative, ou « durable », des petits élevages devrait aider ce mode de subsistance traditionnel à perdurer.


13. Guide
LRD