Le dossier
Changement climatique : Objectif 350
La température de l’atmosphère ne se maîtrise pas, à l’instar d’un logement, à l’aide d’un thermostat réglable au gré de ses besoins. La seule marge dont l’humanité dispose pour éviter que la terre ne s’échauffe au point de submerger la civilisation est de supprimer le plus vite possible la cause fondamentale du mal : la concentration excessive de dioxyde de carbone (CO2) dans l’atmosphère.
A la veille du Sommet de Copenhague sur le climat, LaRevueDurable s’enthousiasme pour le projet 350. Cette initiative vise à créer un mouvement planétaire qui transcende les frontières nationales et les barrières sociales et politiques pour demander aux dirigeants de tous les pays les plus émetteurs de prendre les mesures à même de ramener au plus vite la concentration de CO2 dans l’atmosphère à 350 parties par million (ppm) (elle atteint aujourd’hui 385 ppm et augmente de 2 ppm par an).
Le 24 octobre 2009, des milliers de manifestants disséminés partout dans le monde auront un seul slogan, un seul refrain, un seul chiffre à la bouche : 350 ! Ce sera la plus grande manifestation planétaire jamais organisée sur l’écologie. Ce jour confortera ainsi la naissance d’une citoyenneté-monde non institutionnalisée qui fait encore très largement défaut à la gouvernance planétaire. Malgré la puissance des intérêts financiers à court terme et les profonds blocages mentaux qui s’opposent à une prise en charge adéquate du climat futur, l’entrée dans ce nouveau chapitre de l’histoire universelle ne peut qu’aider à convaincre les décideurs de placer le climat au plus haut de leurs priorités.
Magnifiquement illustré par les photos du collectif Argos, ce 35e dossier de LaRevueDurable - un pur hasard ! - donne tous les éléments scientifiques, économiques, géopolitiques, éthiques, de justice et de simple bon sens qui fondent ce choix de l’objectif 350 - le seul rationnel possible - et toutes les clefs pratiques pour participer à cette initiative, c’est-à-dire au sauvetage du vaisseau Terre.
1. Copenhague, tremplin idoine pour changer le monde
LRD
2. Les indicateurs climatiques s'affolent
LRD
Plusieurs indicateurs déterminants - température moyenne à la surface de la Terre, augmentation du niveau de la mer, température moyenne de l’océan, étendue de la glace arctique et événements climatiques extrêmes - attestent une évolution très inquiétante du climat
3. La machine climatique menace de s'emballer
LRD
A mesure que la Terre se réchauffe, des boucles rétroactives renforcent le réchauffement climatique à la surface de la Terre. Le risque est que ces phénomènes finissent par déclencher un auto-emballement irréversible de la machine climatique.
4. Le climat au purgatoire
LRD
La littérature officielle sur la politique du climat prévient : la limite à ne pas franchir pour éviter des effets trop massifs sur les équilibres du climat et, par ricochet, les humains, est une hausse de température de 2°C. Pour une partie très significative de l’humanité, une telle hausse sera insupportable et signifiera la mort. Mais au-dessus, il faut s’attendre à ce que le climat échappe à toute possibilité de contrôle.
5. En 2009, le changement climatique aura tué 300 000 personnes
LRD
Lorsqu’une catastrophe climatique - tempête, inondation, sécheresse, etc. - emporte des vies, le lien avec le changement climatique est facile à envisager. Mais la très vaste majorité des victimes du réchauffement passe inaperçue. Les fléaux qui les frappent ont essentiellement pour nom malnutrition, diarrhées, malaria. Avec une augmentation de la température moyenne à la surface du globe qui atteindra bientôt près de 2°C, ils iront crescendo.
6. Réduire la précarité dans un monde soumis au changement climatique
Robert Watson (principal conseiller scientifique du Ministère de l’environnement et des affaires agricoles et rurales du Gouvernement britannique à Londres ; conseiller stratégique au Centre Tyndall de l’Université d’East Anglia à Norwich, Royaume-Uni ; Robert Watson a présidé le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat de 1997 à 2002 et coprésidé l’Evaluation des écosystèmes pour le millénaire de 2000 à 2005)
Une proportion énorme de gens dans le monde connaît une très forte précarité : mauvais accès aux ressources de base, faible niveau d’éducation, vulnérabilité aux aléas environnementaux, etc. Pour améliorer leur situation sur fond d’aggravation aiguë du changement climatique, une stratégie globale efficace et équitable de développement s’impose à l’échelle mondiale. Trois domaines sont vitaux : la biodiversité, l’agriculture et l’eau.
7. Objectif 350
LRD
A Copenhague, la communauté internationale devra s’accorder sur un objectif qui évite un changement climatique « dangereux ». Or, les données scientifiques imposent de redescendre d’ici 2100 à une concentration de 350 ppm de CO2 dans l’atmosphère. Une cible et une temporalité qui ont de quoi faire peur aux politiques. Mais si la voie est politiquement très étroite, l’humanité peut encore y arriver.
8. Moins de 3% du PIB pour sauver l'humanité
LRD
Lorsqu’en 2006, Nicholas Stern ren dit publique sa revue des conséquences économiques du changement climatique, la réaction majoritaire des économistes fut : il exagère les coûts de l’inaction et masque ceux de l’action. Trois ans plus tard, les études donnent tort à ces critiques. A l’inverse, elles indiquent que Lord Stern de Brentford a sous-évalué les coûts de l’inaction et surévalué ceux de l’action.
9. Les options pour mettre un prix au carbone
LRD
Avantages et désavantages des quotas, taxes et autres options plus créatives pour inciter à réduire les émissions de gaz à effet de serre.
10. Le climat a besoin d'une taxe carbone
Rencontre avec Alain Grandjeant
Après avoir été chercheur au laboratoire d'économétrie de l’Ecole polytechnique, en France, Alain Grandjean est devenu conseiller d’entreprises et a orienté ses activités vers le défi qui domine tous les autres : la lutte contre le changement climatique. Associé à cette fin au bien connu Jean-Marc Jancovici, ce polytechnicien docteur en économie de l’environnement est le principal apôtre d’une vigoureuse fiscalité climatique en France.
Alain Grandjean voit dans la taxe le plus sûr instrument pour opérer une transition vers une économie sobre en carbone. Pragmatique, il envisage cette taxe au niveau national en complément au système des quotas en vigueur dans l’Union européenne. Membre du Comité stratégique de la Fondation Nicolas Hulot, il a rédigé la proposition de taxe carbone du Pacte écologique que la fondation a fait signer aux candidats à la présidence française en 2007. Un travail qui porte ses fruits. Michel Rocard en reprend des éléments clefs dans le rapport qu’il a remis fin juillet au Gouvernement français sur les modalités pratiques de mise en œuvre d’une contribution Climat-énergie.
11. A Copenhague, le climat ne tiendra qu'à un fil
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Entre la fin de l’époque antique et le Moyen Age, la civilisation occidentale n’a tenu qu’à un fil. Aujourd’hui, c’est toutes les civilisations dont la survie ne tient plus qu’à un fil. Leur destin ne sera pas scellé à Copenhague. Mais si ce sommet échoue à faire sérieusement avancer les Etats-nations les plus émetteurs de CO2 sur leurs politiques climatiques, les chances de résoudre la crise s’évaporeront.
12. A Copenhague, les voix de citoyens ordinaires du monde entier compteront
Lars Klüver (directeur du Danish Board of Technology -DBT- à Copenhague, Danemark), Bjørn Bedsted (coordinateur du projet WWViews au DBT) et Richard E. Sclove (conseiller de WWViewst)
Le 26 septembre 2009, « Vues mondiales sur le réchauffement global » (World Wide Views) a lancé la première délibération démocratique mondiale jamais organisée. Cet événement planétaire inédit émane du Bureau d’évaluation des technologies danois (Danish Board of Technology - DBT), pionnier et leader mondial des expériences de délibération avec des citoyens ordinaires sur des sujets complexes en prise directe avec la décision publique. Par chance, le DBT est à Copenhague.
13. Rendez-vous le 24 octobre 2009 pour faire connaître le chiffre 350
Rencontre avec Bill McKibben
Cela fait vingt ans que Bill McKibben vit de sa plume sur son thème de prédilection : les moyens de résoudre la crise écologique. Depuis quatre ans, il a passé un cap et est devenu militant. En prévision du Sommet de Copenhague, il ne cesse de parcourir le monde pour convaincre un maximum de personnes de s’engager sur le climat de façon simple et efficace. D’abord en fixant une cible : ramener le plus vite possible la concentration de CO2 dans l’atmosphère à 350 parties par million (ppm). Ce chiffre est aujourd’hui le plus important pour l’humanité. Le but est d’en faire aussi l’un des plus connus dans le monde.
Ensuite, en choisissant une date : le 24 octobre 2009. Ce jour-là, des milliers d’événements auront lieu partout sur la planète pour faire la preuve de la solidarité mondiale qui règne autour de ce seuil commun. Toutes ces actions sont conçues pour attirer l’attention, être photographiées, fi lmées, médiatisées. Troisième élément du dispositif : internet. L’équipe du projet 350 rassemblera tous ces témoignages de volonté planétaire sur la Toile pour les faire connaître des négociateurs qui se réuniront à Copenhague. L’idée centrale est de montrer qu’un vaste mouvement transfrontière est soudé dans sa volonté d’affronter le changement climatique.
14. Guide pour organiser une manifestation 350
LRD
15. Guide de Copenhague
LRD
16. Une économie plurielle pour stabiliser le climat
LRD
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