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Le dossier
L’écologie industrielle ramène
l’économie aux limites de la planète
Au commencement étaient les cycles naturels de l’eau, du
carbone, de l’azote, etc. Avec la société industrielle,
vinrent les cycles artificiels - du verre, des chiffons pour le papier,
des engrais urbains pour les fermes, etc. - entre la ville, les usines
et la campagne. Puis la société inventa le déchet,
la poubelle, la décharge et l’incinérateur. Cette
évolution a rompu tous les cycles de matières et d’énergie
entre la nature et la société de consommation. Or, ce modèle
débouche aujourd’hui sur un double cul-de-sac, celui de la
finitude et de la vulnérabilité des ressources.
L’optique de l’écologie industrielle, qui consiste
à envisager le système industriel comme un cas particulier
d’écosystème, invite à boucler à nouveau
les cycles de matières et d’énergie. Domaine de recherche
et d’action en chantier depuis une vingtaine d’années,
elle impose d’établir une comptabilité physique au
côté de la comptabilité monétaire, prône
la construction de synergies entre tous les acteurs de la société
industrielle et un lien renforcé avec le territoire.
Champ encore en friche, l’écologie industrielle a besoin
pour s’épanouir et révéler son potentiel du
renfort des spécialistes de l’écologie scientifique
et des sciences humaines autant que du soutien des pouvoirs publics. Elle
ne pourra pas non plus prendre de véritable ampleur sans un profond
renouveau du sens de la coopération au sein des sociétés
et entre elles.
1. Indicateurs
LRD
2. L’écologie industrielle bouleverse la pensée et
les pratiques économiques dominantes
LRD
3. Eclaircissements sur le vocabulaire de l’écologie industrielle
LRD
4. Le siècle d’or de l’écologie industrielle
dans les villes françaises : 1790-1880
Sabine Barles (Sabine Barles est chercheuse
au Laboratoire théorie des mutations urbaines, département
de l’Unité mixte de recherche Architecture, Urbanisme, Sociétés
(CNRS) et professeure à l’Institut français d’urbanisme
de l’Université Paris-VIII.)
Après la Révolution, dans un contexte d’expansion
industrielle et de croissance urbaine, la France ignore la notion de déchet
ou de rejet. Dans les villes, rien ne se perd, rien ne se jette, tout
est bon à récupérer pour alimenter une industrie
en quête de matières premières et des champs avides
d’engrais. Il en résulte une véritable économie
circulaire qui imbrique villes, industries et campagnes.
5. L’invention des déchets urbains dans les villes françaises
: 1880-1970
Sabine Barles (Sabine Barles est chercheuse
au Laboratoire théorie des mutations urbaines, département
de l’Unité mixte de recherche Architecture, Urbanisme, Sociétés
(CNRS) et professeure à l’Institut français d’urbanisme
de l’Université Paris-VIII.)
Mise au point de nouveaux procédés industriels, possibilités
d’utiliser de nouvelles matières, dilatation des zones urbaines,
poussée de l’hygiénisme et… invention de la
poubelle. Tout concourt, à partir de la fin du XIXe siècle,
à rompre les flux et les cycles de matières qui unissaient
depuis un siècle les mondes urbain, industriel et agricole. Et
à en faire trois entités séparées.
6. Connaissant leur métabolisme territorial, Lille et Genève
prennent de l’avance en écologie
LRD
Comprendre la base matérielle du fonctionnement du territoire pour
garantir une gestion plus parcimonieuse - et moins onéreuse - des
ressources. C’est ce qu’ont entrepris le canton de Genève
en Suisse et la commune de Lille en France. Avec un ancrage institutionnel
très cohérent à Genève. Et un enracinement
dans la participation citoyenne très fort à Lille.
7. Genève, l’Aube et Grande-Synthe rêvent
de faire coopérer des entreprises
LRD
Faire coopérer les entreprises pour que les rebuts des
unes deviennent les ressources des autres. C’est l’idéal
du modèle danois de Kalundborg que poursuivent le canton de Genève,
en Suisse, et deux associations françaises, le Club d’écologie
industrielle de l’Aube et Ecopal à Grande-Synthe. Les embûches
pratiques et juridiques sont légion. Mais le plus grand défi
n’est pas technique. Il est beaucoup plus profond : il est que les
industriels n’ont pas l’habitude de coopérer.
8. Au Royaume-Uni, les synergies délestent
les décharges et remplissent les portefeuilles
LRD
Le programme britannique de facilitation des synergies industrielles ne
vise pas d’entrée de jeu le Graal de symbioses entre de multiples
entreprises reliées par une pléthore de boucles et de sous-produits.
Son approche, beaucoup plus modeste, mais diablement efficace, consiste
à favoriser le dialogue entre entrepreneurs partout sur le territoire.
Le but est de déclencher un maximum d’échanges dans
une optique orientée très business. Immédiats, les
résultats en termes de réduction des déchets en augurent
bien d’autres.
9. Combien pèse votre style de vie ?
LRD
10. A Genève, deux quartiers se rafraîchissent
et se chauffent à l’eau du lac
LRD
A première vue, Genève Lac Nations, c’est simple
comme bonjour : de l’eau froide du lac Léman circule dans
un réseau de conduites pour rafraîchir ou chauffer des bâtiments.
Là où le projet sort de l’ordinaire, c’est dans
sa gestion collaborative de la demande énergétique à
l’échelle de deux quartiers et dans la coopération
exceptionnelle d’une entreprise avec les pouvoirs publics.
11. L’Institut Angenius tente d’importer
en France des modes de vie durables inventés à Londres
LRD
Les études
convainquent Thanh Nghiem, fondatrice de l’Institut Angenius, à
Paris, qu’il n’existe à ce jour qu’un seul modèle
intégré - « holistique » - d’aménagement
du territoire qui tienne compte en amont des données du métabolisme
territorial. Ce modèle, qui trouve son origine dans l’extraordinaire
aventure de « Bedzed », au sud de Londres, intègre
désormais les dix principes « Une planète pour vivre
» (One Planet Living - OPL). Eclaircissements avec Thanh Nghiem.
12. L’écologie industrielle en quête
d’une vision intégrée : le point avec Suren Erkman
LRD
L’enquête qu’il mène depuis treize ans et le
parcours même de Suren Erkman attestent que le terreau privilégié
de l’écologie industrielle n’est pas le milieu académique,
mais le « terrain », celui des ingénieurs, des administrations
publiques, des bureaux d’étude, des industriels et des journalistes
perspicaces. Contrepartie logique, ce domaine encore en gestation manque
d’apports théoriques et expérimentaux qui pourraient
l’aider à gagner en force et en rayonnement.
13. Guide
LRD
14. Pour un ambitieux programme de recherche en écologie
industrielle
LRD
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