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Le dossier

Des réponses au « Cauchemar de Darwin » : agriculture locale et commerce équitable
Inspiré par le documentaire choc Le cauchemar de Darwin, ce dossier de LaRevueDurable, à l’instar du cycle de conférences qui l’a précédé, poursuit deux buts : comprendre en quoi la mondialisation des échanges agricoles crée des désastres écologiques et sociaux partout dans le monde ; saisir comment réagir, freiner, voire éviter les déséquilibres qu’accroît ce commerce agricole. Se concentrer sur le échanges agricoles en partant du film d’Hubert Sauper se justifie pleinement, car ce sont eux qui ont le plus d’impact sur des vies humaines : les paysans composent aujourd’hui la moitié de la population mondiale.

La souveraineté alimentaire est aujourd’hui l’idée clef capable de redonner tout son sens à l’agriculture mondiale. Autour d’elle gravitent plusieurs solutions concrètes, pratiques et locales. Il s’agit essentiellement du commerce équitable, dont l’évolution logique est de tendre vers le local, au Nord comme au Sud, et l’agriculture contractuelle de proximité, qui s’épanouit en France et en Suisse. Troisième piste : réduire la consommation de viande, dont l’expansion actuelle est totalement contraire à l’objectif de nourrir de 8 à 9 milliards d’individus d’ici la moitié du XXIe siècle.



1. Indicateurs
LRD


2. Vers des citoyens solidaires d’une agriculture de proximité

LRD


3. Le réalisateur du « Cauchemar de Darwin » a fondamentalement raison

LRD
Dans son fameux documentaire Le cauchemar de Darwin, Hubert Sauper soutient que l’immense richesse que représente la perche du Nil ne profite pas à des pans entiers de la population tanzanienne pauvre, qui vit près du lac Victoria. Et que les avions cargos qui chargent les filets de perches sur l’aéroport de Mwanza arrivent remplis d’armes. Sur ces deux points, il est accusé d’abuser d’artifices cinématographiques pour faire passer son message sans apporter les preuves formelles de ce qu’il avance. Son film serait ainsi mystificateur. Or, les données de la recherche de terrain disponibles tendent à montrer que sur le premier point - de loin le plus important - c’est bel et bien lui qui a raison sur ses contradicteurs.


4. Ce que deviennent les usines de poisson du lac Victoria
Eirik G. Jansen (fonctionnaire à l’ambassade de Norvège, à Dar es Salam, en Tanzanie)
Démarrée voilà une vingtaine d’années, l’industrialisation de la pêche dans le lac Victoria se poursuit, s’étendant désormais à d’autres lacs de la région et à la côte tanzanienne. Les retombées pour la population locale, en particulier pour les femmes qui vivaient du commerce de ce poisson, ne sont guère réjouissantes.


5. Comparaison entre libre-échange et souveraineté alimentaire
LRD
L’eau se raréfiant et se faisant de plus en plus polluée, une source très ancienne revient en force : la pluie. Utiliser les toits des maisons pour capter l’eau qui tombe du ciel se popularise dans les campagnes comme dans les centres urbains, de Bonn à Bangalore, du bush australien au Nordeste brésilien.


6. Les maîtres de la mondialisation de l’agriculture
LRD
Tirer la chasse d’eau n’est pas un geste anodin. En quelques secondes, de six à douze litres d’eau emportent des matières malodorantes, mais riches de nutriments qui ne retourneront plus dans le sol. Des initiatives en Suède et en Allemagne remettent en cause ce système conventionnel d’assainissement des eaux. Elles trouvent un écho en Chine et en Inde.


7. Au Venezuela, la réforme agraire d’Hugo Chavez est en marche
Gregory Wilpert (sociologue et écrivain indépendant, à Caracas, au Venezuela)
Avoir une parcelle de terre à cultiver. Pour satisfaire ce besoin vital, des millions de paysans se sont battus dans le passé et continuent de le faire aujourd’hui. Au Venezuela, se déroule en se moment la plus ambitieuse réforme agraire d’Amérique latine et, peut-être, du monde. Mais redistribuer la terre n’est pas tout. Encore faut-il la faire fructifier.


8. Marché mondial et autosuffisance alimentaire, les pays du Sud ont une marge de manoeuvre
Claude Auroi (professeur à l’Institut universitaire d’étude du développement (IUED) à Genève, en Suisse)
Contrairement à une idée reçue tenace, l’Accord sur l’agriculture de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) laisse une importante marge de manœuvre aux pays en développement pour protéger l’agriculture. L’Indonésie, qui ne l’utilise pas, en fait les frais. Le Nigeria, qui le met à profit, voit sa production de riz augmenter.


9. Le commerce équitable, outil de développement et d’éducation
Guy Durand (professeur à l’Ecole nationale supérieure agronomique de Rennes, en France. Il est l’un des fondateurs de Max Havelaar France et a été son premier président (1992-1996)
Accusé de ne pas être toujours juste ni véritablement alternatif, le commerce équitable est l’objet de fortes critiques en France. Traversé de contradictions et de paradoxes, il n’en reste pas moins un outil très précieux, voire unique pour questionner les pratiques des consommateurs et affermir le pouvoir de négociation des petits producteurs.


10. Au Pérou et au Mexique, la consommation équitable débarque sur les marchés locaux
LRD
Après avoir inspiré de nouveaux rapports commerciaux au niveau mondial, les paysans mexicains sont en passe de les influencer dans leur pays. Ils ont poussé le café « justo » sur les étalages des magasins biologiques et de quelques épiceries. Au Pérou, les associations de producteurs créent leurs propres magasins de vente directe. Un vent d’ingéniosité sociale balaie l’Amérique latine.


11. Les agriculteurs du Burkina Faso pourraient nourrir leur pays
Gil Ducommun (professeur en économie rurale et développement à la Haute école suisse d’agronomie HESA de Zollikofen/Berne, en Suisse)
Loin d’être incapable de produire de grandes quantités de nourriture, les agriculteurs burkinabés seraient au contraire à même de nourrir leur pays si une politique agricole nationale volontariste les soutenait. C’est ce que démontre une enquête unique menée dans trois régions du Burkina Faso qui prouve du même coup - une fois de plus - qu’au-delà des contraintes agronomiques, la production agricole dépend avant tout de la volonté politique.


12. La paysannerie familiale est capable d’intensifier la production agricole
Marc Dufumier (professeur à l’Institut national agronomique de Paris-Grignon, en France)
Nourrir 9 milliards d’hommes d’ici 2050, le défi est de taille. Pour le relever, les paysanneries du tiers-monde font preuve d’une grande créativité pour intensifier leur production tout en préservant l’environnement. Mais la recherche et les politiques agricoles ne valorisent pas assez cette inventivité pourtant cruciale pour l’avenir.


13. Le soja en Amérique du Sud ou le cauchemar de Humboldt
Marc Hufty (enseignant-chercheur à l’Institut universitaire d’études du développement (IUED), à Genève, en Suisse)
En apparence, la culture du soja est une chance pour l’Argentine, la Bolivie, le Brésil et le Paraguay. Elle apporte à ces pays une manne financière bienvenue. Mais ses conséquences pour la forêt, le sol, la biodiversité, l’eau et - surtout - les populations locales rendent cette réussite économique dérisoire. Quelques mouvements d’opposition tentent de faire entendre leur voix, mais ils restent démunis face à la demande mondiale de soja.


14. Dans l’Ouest français, le Réseau Agriculture durable apporte des solutions
Christian Mouchet (professeur d’économie rurale à l’Agrocampus de Rennes, en France)
Le modèle de l’agriculture productiviste instauré en France durant la seconde moitié du XXe siècle a permis d’accroître fortement les rendements à l’hectare, mais au prix de coûts humains et écologiques très lourds. Pour apporter une réponse viable à cette dérive, des agriculteurs du Grand-Ouest, en France, se rassemblent en groupes de réflexion et d’innovation au sein du Réseau Agriculture durable (Rad). Une démarche encore timide, mais encourageante.


15. Il faut moins manger de viande
LRD
La production massive de viande dans le monde n’est pas durable : l’alimentation carnée ou à base d’aliments carnés ou de produits laitiers nuit à la santé, nécessite des quantités bien trop importantes de surfaces agricoles utiles, d’énergie et d’eau. Et de toute façon, son extension est incompatible avec l’objectif de nourrir de 8 à 9 milliards d’humains d’ici 2050.


16. L’association pour le maintien d’une agriculture paysanne passe la vitesse supérieure
LRD
Pousser la logique le plus loin possible avec un noyau de convaincus ou se rendre accessible au plus grand nombre en adoucissant la formule ? En région Rhône-Alpes, le mouvement pour des contrats directs entre un agriculteur et des consommateurs est à la croisée des chemins. Un questionnement qui émerge ailleurs en France.


17. En Suisse comme ailleurs, la souveraineté alimentaire a besoin de consommateurs
LRD
Le modèle agricole suisse est souvent cité comme exemple d’agriculture écologique à taille humaine. Mais la pression des négociations à l’Organisation mondiale du commerce (OMC) pourrait saborder cette réputation. Le syndicat paysan Uniterre compte sur les consommateurs pour défendre le droit des Suisses à se nourrir le plus possible des fruits de leur territoire. Il se fait le moteur de l’agriculture contractuelle.


18. Guide


19. Bilan du cycle de conférences inspirées du « Cauchemar de Darwin »
LRD