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Le dossier
Sur la piste d'une mobilité différente
Pour accroître la part des utilisateurs des transports publics et doux
en ville, il ne suffit pas d’augmenter l’offre et d’améliorer
les infrastructures. Il faut aussi rendre la vie plus dure aux automobilistes.
Ce qui, de prime abord, ne paraît pas politiquement correct. Pour changer
cet état de fait et rendre les espaces urbains plus vivables et plus vivants,
plus respirables et plus accueillants, un véritable chantier s’ouvre à l’innovation
sociale et culturelle.
Ce dix-huitième dossier de LaRevueDurable s’attache à montrer
la diversité des approches que des sociologues, des géographes,
des réseaux associatifs et des élus mettent en œuvre pour
favoriser l’usage de trains, de tramways, de métros, de bus, de
pistes cyclables et d’espaces disponibles aux piétons plutôt
qu’à la voiture individuelle. Plus les gens qui comprennent la pertinence
d’utiliser toutes ces formes de mobilité seront nombreux, plus ceux
qui les utilisent augmenteront, plus une politique apte à modérer
l’essor de la voiture individuelle, a fortiori l’ « autosolisme »,
deviendra politiquement acceptable et réaliste.
Ce dossier apporte ainsi sa contribution au nécessaire affranchissement
des esprits à l’égard de la voiture.
1. Indicateurs
LRD
2. Brûler les voitures ou réussir à s'en
affranchir ?
LRD
3. Seule une action publique cohérente
et courageuse peut freiner l'essor de la voiture
Vincent Kaufmann (professeur
au Laboratoire de sociologie urbaine de l’Ecole polytechnique
fédérale de Lausanne, Suisse, et enseignant à l’Ecole
nationale des ponts et chaussées, à Champs-sur-Marne,
France)
Rapide, confortable, pratique. Ces adjectifs reviennent le plus souvent pour
qualifier la voiture individuelle. L’image favorable de ce moyen de déplacement
est telle qu’il déclasse tous les autres. Le règne de la
voiture est d’autant plus incontesté que la structure spatiale de
l’agglomération est peu dense et que des places de stationnement
abondent. Seules des conditions de stationnement ou de circulation difficiles
dissuadent de sortir la voiture du garage. Dès lors, pour limiter l’emprise
de l’automobile, il ne suffit pas d’améliorer l’offre
en services collectifs, il faut aussi modeler les territoires qui vont avec.
4. Brider l'essor des grandes surfaces,
sources de trafic
LRD
En Suisse, depuis quelques mois, plusieurs associations de protection de l’environnement
sont en conflit ouvert avec les promoteurs économiques et les élus à propos
du « droit de recours », qu’elles mobilisent en cas de décision
discutable en matière d’aménagement du territoire. Au centre
du différend : les problèmes de circulation que les centres commerciaux
et les équipements de loisirs génèrent.
5. Des milliers de ménages
allemands préfèrent un petit jardin à une
place de stationnement
LRD
Les personnes qui n’utilisent
pas de voiture en ville rendent un service évident à la
collectivité, mais n’évitent en général
pas les nuisances dues au trafic motorisé des autres.
En se regroupant dans un quartier, les ménages qui pratiquent
une mobilité douce peuvent échapper au bruit, au
stress et à la pollution des voitures. Des milliers de
familles allemandes rejoignent d’autant plus volontiers
ces quartiers qu’ils laissent en plus la part belle à la
nature.
6. Se passer de la voiture demande
beaucoup de savoir-faire
Michael Flamm (consultant
indépendant et chercheur associé au Laboratoire
de sociologie urbaine de l’Ecole polytechnique fédérale
de Lausanne (EPFL), Suisse)
Lire
une carte, connaître les lignes et les horaires de bus
ou gérer le stress lié à la pratique du
vélo aux heures de pointe n’est pas donné à tout
le monde. Pourtant, sans ces compétences parmi une longue
liste d’autres savoir-faire, il est difficile, voire impossible
d’utiliser au mieux les transports publics, le vélo
ou la marche pour se déplacer au quotidien.
7. Pas à pas, le marcheur
peut reconquérir l'espace urbain
Sonia Lavadinho (chercheuse à l’Observatoire
universitaire de la mobilité, à Genève,
Suisse), et Yves Winkin (professeur à l’Ecole
normale supérieure Lettres et sciences humaines, à Lyon,
France)
Plus
que d’un manque d’infrastructures, le piéton
souffre d’un déficit de reconnaissance. Pour redonner
au marcheur le goût de se mettre en jambes, il faut lui
offrir du pouvoir symbolique et du rêve.
8. Splendeurs et misères des
différents moyens de déplacement en ville
LRD
Un
grand classique, dans la consommation, consiste à comparer
différentes marques d’un même produit, par
exemple de vélo, de scooter ou de voiture. Cet article
propose un autre exercice : comparer différents moyens
de se déplacer en ville. Tous ont leurs forces et leurs
faiblesses. L’enjeu est de les connaître pour pouvoir
combiner au mieux leurs avantages respectifs.
9. Des entreprises aident leurs employés à laisser
leur voiture à la maison
Stéphanie Manoni (responsable
des plans de mobilité pour les entreprises au Service
de la mobilité du canton de Vaud, à Lausanne, Suisse)
Pour
décongestionner les agglomérations et les centres-villes,
les entreprises ont un rôle considérable à jouer.
Elles ont le pouvoir de dissuader leurs employés de venir
au travail seuls au volant de leur voiture ou, symétriquement,
de les inciter à venir en transport public, à pied, à vélo
ou en covoiturage. Pour cela, il leur faut élaborer et
promouvoir un plan de mobilité d’entreprise, c’est-à-dire
une stratégie de gestion des déplacements domicile-travail
de leurs collaborateurs.
10. Les petites gares nagent à contre-courant
LRD
Avec
l’arrivée de la voiture, de nombreuses villes se
sont empressées de supprimer le tram. En revanche, le
chemin de fer, lui, est resté en place. Mais il est toujours
en sursis. Echos des terrains belge et français.
11. Le tram-train, mode de transport
hybride venu d'Allemagne
Francis Beaucire (chercheur
au Centre de recherche sur les réseaux, l’industrie
et l’aménagement (Cria), à l’Université Paris
I-Panthéon-Sorbonne, France)
Troisième plus grande ville du Land du Bade-Wurtemberg,
Karlsruhe est le théâtre d’une avancée
remarquable en matière de transports collectifs : le tram-train.
Ce système hybride permet à un même véhicule
de rouler sur les rails du centre-ville et de la zone rurale
périurbaine. Le succès est foudroyant. Malheureusement,
le tram-train est plus difficile à mettre en place en
France.
12. La banlieue parisienne en panne
de transports collectifs performants
LRD
En matière de transport collectif, de mobilité douce,
d’urbanisme, Paris bouillonne d’initiatives. Un îlot
de volonté de limiter la voiture au milieu d’une
banlieue qui traîne la patte.
13. Le transport à la demande
fait son chemin à la campagne
LRD
Vivre en zone rurale signifie, pour 90 % des ménages suisses
et français, posséder au moins une voiture. Des
systèmes de transports collectifs existent pourtant aussi à la
campagne pour se déplacer autrement. Ils restent imparfaits,
mais en ces temps de pétrole cher, ils pourraient peu à peu
attirer sur eux un intérêt plus marqué.
14. Guide
15. La résistible progression
de l'automobile
LRD
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