Le dossier
Le bois, une alternative au pétrole
et au béton
Un sondage de la Sofres de 2000 révèle que 71% des Français
sont persuadés que leur pays compte moins de forêts qu’en
1800, alors que l’inverse est vrai, et de beaucoup. Il est clair que la
surface forestière globale dans le monde diminue de façon catastrophique.
Mais en Europe, c’est le contraire qui a lieu : la forêt s’étend
de plus en plus. Loin d’être victime de la déforestation,
et malgré les gigantesques incendies qui l’affectent en saison sèche,
la forêt européenne gagne chaque année des milliers d’hectares.
C’est une des raisons pour lesquelles ce dix-septième dossier de LaRevueDurable défend
une plus grande utilisation du bois en tant que combustible et matériau
de construction en Europe. Il ne s’agit pas là d’une dérive
mal placée. La priorité absolue reste aux économies d’énergie
et à la sobriété face aux assauts de la société de
consommation. Mais le bois est sous-exploité en Europe alors qu’il
offre une partie de la réponse si nécessaire au défi énergétique
et à l’aggravation de l’effet de serre.
Deux systèmes de valeur s’affrontent à propos de la forêt
en Europe. Les uns veulent la préserver pour ses qualités écologiques
et récréatives, les autres veulent l’exploiter pour pouvoir
en vivre. Toute la difficulté consiste à concilier ces deux objectifs,
qui sont aussi vitaux l’un que l’autre.
1. Indicateurs
LRD
2. Pour une exploitation et une préservation
durables de la forêt
LRD
3. Vienne, capitale de l'Autriche,
mise sur le bois pour produire électricité et chaleur
Reinhard Madlener (chercheur
au Centre pour la politique et l'économie de l'énergie
-Cepe-, à l'Ecole polytechnique fédérale
de Zurich, en Suisse.) et Mario Bachhiesl (chef
de la division Energie renouvelable à la société autrichienne
des forêts fédérales -ÖBf-, à Purkersdorf,
en Autriche.)
Une entreprise d’énergie
en quête d’un projet exemplaire,
une société forestière à la recherche de débouchés
pour son bois, une volonté politique. Voilà les ingrédients
de l’une des initiatives les plus ambitieuses en Europe pour utiliser le
bois-énergie à grande échelle, a fortiori en milieu urbain.
L’Autriche franchit ainsi une marche de plus dans son exploitation de la
biomasse qui alimente déjà cinq fois plus ses réseaux de
chauffage à distance qu’il y a dix ans.
4. Les réseaux de chauffage à distance
tissent leur toile de la France à la Suisse
LRD
Partout, les promoteurs du bois-énergie
ont le sourire. Avec les prix actuels du baril de pétrole,
le bois-énergie est rentable. Traditionnellement cantonné aux
maisons individuelles, il sort de cette niche pour investir l’habitat
collectif. Des réseaux de chauffage à distance
au bois fleurissent dans certaines régions françaises.
La Suisse a aussi des réalisations spectaculaires à faire
valoir.
5. Comparaison entre l'or noir et
l'or vert
LRD
Lorsque
l’Angleterre colonise le Canada, elle convoite avant tout
son bois d’excellente qualité pour construire les
navires de la Royal Navy. Quatre siècles plus tard, c’est
le pétrole qui suscite l’appétit des colonisateurs.
En revanche, le bois peut agir comme baume pour les tensions
géopolitiques, du moins lorsqu’il nourrit l’économie
locale. C’est ce que montre la comparaison des effets « externes » de
l’exploitation de ces deux combustibles.
6. La construction en bois est en
expansion en Suisse
Olivier Kubli (professeur
de marketing à la Haute école d’architecture,
génie civil et bois HSB de Bienne, en Suisse.)
Depuis
plusieurs années, la construction en bois gagne du terrain
en Suisse. C’est la conséquence d’une prise
de conscience écologique de la population et, surtout,
du dynamisme des acteurs de la branche. Les nouvelles maisons
en bois multiplient les vertus : qualité de l’air,
durabilité des matériaux, consommation réduite
d’énergie et qualité de vie sont au centre
des préoccupations des producteurs comme des acheteurs.
7. En France, l'Office national des
forêts conforte les multiples usages de la forêt
Jean-Marc Brézard (chargé de
la mission Suivi de la gestion durable des forêts publiques à la
Direction technique de l'Office national des forêts -ONF-.), Nicolas
Drapier (chargé de
la mission Réserves à la Direction de l’environnement
et du développement durable de l’ONF.) et Frédéric
Mortier (chef
de la mission Aménagement forestier et sylvicultures à la
Direction technique de l’ONF.)
Multifonctionnalité :
tel est le maître mot de la mutation en cours, depuis les
années 1990, à l’Office national des forêts
(ONF), qui gère la forêt publique française.
La forêt doit fournir du bois, être un réservoir
de biodiversité végétale et animale, servir
d’habitat à la grande faune, aux oiseaux, aux insectes
et au gibier. Sans oublier d’offrir un terrain de loisirs
et de détente pour répondre à la demande
sociale.
8. La France et la Suisse tentent
de renforcer leur filière forêt-bois
LRD
En
Suisse, l’exploitation de la forêt n’est pas
rentable. En France, elle est peu rentable. Entre valoriser les
multiples usages non marchands de la forêt et son exploitation économique,
les pouvoirs publics tentent d’adapter au mieux leur politique.
Mais pour soutenir l’industrie de transformation du bois,
leur marge de manœuvre est limitée.
9. Les communes propriétaires
de forêts alpines dans la tourmente économique
Andréa Finger-Stich (chercheuse à l’Institut
des sciences forestières et de l’environnement de
l’Université Albert-Ludwigs, à Fribourg-en-Brisgau,
en Allemagne.)
Comment
les populations alpines perçoivent-elles et interagissent-elles
avec leurs forêts ? Selon une enquête sociologique,
deux groupes d’acteurs divergent dans leur perception et
interactions avec leurs forêts communales : les uns valorisent
surtout la forêt comme garante de qualité de vie,
les autres plutôt comme ressource économique. Réconcilier
les porteurs de ces valeurs peut favoriser une gestion plus durable
de la forêt alors que l’économie forestière
de montagne traverse une mauvaise passe.
10. Mieux prévenir les feux
de forêts, ce phénomène de société
Michael Reinhard (doctorant à l’Institut
fédéral de recherche sur les forêts, la neige
et le paysage -WSL-, à Lausanne, en Suisse.)
La
vulnérabilité de la forêt au feu dépend
du climat et de l’activité humaine. Au Tessin, canton
suisse le plus boisé, chaud l’été et
très sec l’hiver, les feux de forêts sont
désormais beaucoup plus fréquents que dans les
années 1950. Premier responsable de cette évolution
: le comportement humain. Pour prévenir et réduire
le plus possible les feux de forêts, il est essentiel de
comprendre l’influence de l’ensemble du contexte
socio-économique sur leur genèse et leur propagation.
11. Le bois-construction retire le
CO2 de l'atmosphère
LRD
12. Guide sur la forêt et le
bois
LRD
13. Lexique sur le bois et la forêt
LRD
|