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Le dossier
Vivre ensemble en mégalopole
Pour Ernest Hemingway, « Paris est une fête ». Pour Charles
Baudelaire, cette ville serait aussi parfois un enfer. Enchantement pour les
uns, aberration pour les autres, la grande ville suscite des jugements tranchés,
positifs comme négatifs, toujours passionnés. Mais aujourd’hui,
l’adjectif « grand » ne suffit plus à caractériser
ce que deviennent certaines villes. Le terme mégalopole est là pour
désigner une agglomération de plus de dix millions d’habitants.
Paris et sa banlieue n’atteignent pas encore une telle dimension. A ce
jour, seules vingt villes sont des mégalopoles. La plus importante est
Tokyo, avec ses 26 millions d’habitants.
Point n’est besoin d’être grand clerc pour comprendre qu’aucune
armée d’ingénieurs ou de technocrates, aussi doués
soient-ils, ne réussira à faire de villes d’une telle ampleur
des havres d’équilibre écologique et d’harmonie sociale.
La première thèse de ce dossier est qu’il serait judicieux
de freiner l’exode rural qui, partout dans le monde, contribue à accroître
le nombre de mégalopoles et à gonfler encore plus celles qui existent
déjà.
Mais l’héritage étant ce qu’il est, il faut bien le
«
gérer ».
Et puisque l’adversité stimule la créativité, les
mégalopoles ont beaucoup de réussites à faire valoir en
matière de transports, d’habitat, de gestion des déchets
et d’intégration sociale. La mégalopole n’offre pas
d’échappatoire possible : elle oblige à apprendre à vivre
ensemble.
1. Deux pages d’indicateurs
LRD
2. Pour une ville plus modeste
LRD
3. Sauver les villes en sauvant les
campagnes
LRD
A partir de l’an mille, le continuum culturel qui relie les villes aux
campagnes se rompt en Europe. Hauts lieux du commerce, repliées sur elles-mêmes,
dominant les campagnes, les villes finissent par s’hypertrophier au XXe
siècle jusqu’à la démesure, avec à leur charge
de profondes difficultés pratiques et sociales à assumer. En conséquence,
changer de fond en comble les politiques agricoles en faveur de la souveraineté alimentaire
pour freiner, puis inverser, l’exode rural est la meilleure manière
d’aider à réduire les difficultés inhérentes
aux mégalopoles.
4. Comment infléchir les émissions
de CO2 dans quatre mégalopoles d’Asie
Shobhakar Dhakal (dirige
le projet de recherche sur la consommation d’énergie
et les émissions
de gaz à effet de serre des mégalopoles asiatiques, à l’Institut
pour les stratégies environnementales globales, à Kitakyushu, au
Japon)
Avec des écarts de richesses qui vont du simple au quadruple, les habitants
de Pékin, Séoul, Shanghai et Tokyo consomment des quantités
comparables d’énergie. Très dépendants du charbon,
Pékin et Shanghai émettent beaucoup plus de dioxyde de carbone
(CO2), principal gaz à effet de serre, que les deux autres villes. Alors
que les deux mégalopoles chinoises connaissent une expansion phénoménale,
il est crucial que Séoul et Tokyo partagent leurs savoir-faire avec eux
pour les aider à améliorer leurs performances en matière
de consommation d’énergie et d’émission de CO2.
5. Péage urbain : Londres
réalise le
rêve de bien des villes
LRD
Le péage urbain devrait bientôt
se ranger aux côtés de Big Ben et du Tower Bridge
parmi les symboles de la capitale britannique. Car contre toute
attente, les Londoniens plébiscitent ce système
de régulation de la circulation. Une expérience
qui déclenche
enthousiasme et émulation dans le monde entier et aide le maire de la
ville, Ken Livingston, à revenir en force en politique.
6. Delhi respire mieux grâce au gaz naturel
Ruth Greenspan Bell, Urvashi
Narain (chercheurs à l’organisation
Resources for the Future, à Washington DC, aux Etats-Unis), David
Simpson (travaille à l’Agence états-unienne
de protection de l’environnement (EPA), à Washington DC) et Kuldeep
Mathur (vient de prendre
sa retraite de professeur au Centre d’études politiques de l’Université Jawaharal
Nehru, à Delhi, en Inde)
La récente conversion au gaz naturel de la
flotte des véhicules de transport public à Delhi suscite admiration
et espoir. Certains y voient la preuve que, pour autant que la volonté soit
là, une politique écologique ambitieuse est possible. Mais à Delhi
comme partout ailleurs dans le monde, protéger l’environnement est
difficile. Vingt ans durant, la Cour suprême indienne a dû lutter
contre un gouvernement incapable d’appliquer les lois censées garantir
la qualité de l’air. Une presse libre et un milieu associatif compétent
se sont alliés à ce pouvoir juridique indépendant pour faire
respecter la constitution indienne.
7. Les cyclistes se frayent un chemin à Tokyo
Shinichi Mochizuki (architecte
et planificateur à l’atelier Urban Design International, à Tokyo,
au Japon, coordinateur national, au Japon, de la Journée sans voiture,
le 22 septembre)
Tokyo est une ville dense, où la place sur
la voirie se fait rare. Des millions de cyclistes peinent à y rouler et,
plus encore, à y déposer leur vélo. Des bicyclettes mal
garées encombrent par milliers les trottoirs, surtout aux abords des gares.
Une partie de la solution réside dans des systèmes de location
de
vélos.
8. En banlieue, la ségrégation sociale
prend aussi la forme des quartiers pavillonnaires
Martine Berger (professeur
de géographie à l’Université de Paris I Panthéon-Sorbonne,
en France)
La poussée de nouveaux quartiers pavillonnaires
destinés à la
classe moyenne supérieure remodèle profondément l’agglomération
parisienne. Dans une ville désormais moins dense, les classes favorisées
aspirent au « bon voisinage » en fuyant les ménages d’ouvriers
et d’immigrés. En plus d’être vorace en espace et en énergie,
ce mouvement de périurbanisation est un puissant facteur de ségrégation
sociale, d’autant plus inquiétant qu’il s’ancre dorénavant
solidement dans le territoire.
9. Rénover des propriétés vides
pour accueillir des ménages modestes
LRD
Les mégalopoles regorgent de logements vides
et de gens en quête
d’un toit. Pour mettre un terme à ce paradoxe et réinvestir
les bâtiments inhabités, la Ville de New York anime un remarquable
programme. Au Brésil, qui traverse un grave déficit de logements,
les efforts de réhabilitation immobilière se déploient sous
la houlette d’un nouvellement fondé Ministère de la ville.
10. A Hô Chi Minh-Ville, les habitants aménagent
leurs bidonvilles grâce aux microcrédits
Jean-Claude Bolay (directeur
de la coopération au laboratoire de sociologie urbaine de l’Ecole
polytechnique fédérale de Lausanne, en Suisse) et Sébastien
Wust (ancien chercheur
dans ce laboratoire et aujourd’hui collaborateur au service de l’aménagement
du territoire de l’Etat de Vaud)
Raser des habitations
insalubres et reloger des
populations dans de nouveaux immeubles est voué à l’échec
si cela se fait sans concertation avec les premiers concernés. L’alternative
consiste à laisser les populations là où elle sont et à aménager
leur habitat là où il est. Des chercheurs suisses et vietnamiens
ont entrepris une telle démarche à Hô Chi Minh-Ville, qui
connaît une très forte croissance démographique et une pollution
massive de l’eau.
11. La crise économique, une chance pour les
récupérateurs de déchets de Buenos Aires
LRD
A Buenos Aires, près de 20 000 personnes vivent du tri des déchets.
Pendant plus d’un siècle, le gouvernement a refusé de reconnaître
cette réalité et de l’intégrer à sa politique
de gestion des déchets. La crise de décembre 2001 change la donne.
Elle fait découvrir que les « fouilleurs » de poubelles créent
du travail, allègent la facture des services publics et fournissent des
matières premières bon marché à une industrie qui
n’a plus les moyens de les importer.
12. A Mexico, la culture jette un pont entre les
jeunes et la société
Hector Castillo Berthier (coordonne
l’Unité d’études sur la jeunesse, à l’Institut
de recherche sociales de l’Université nationale autonome de Mexico,
au Mexique)
Les jeunes sont une proie facile pour la violence. Surtout lorsqu’ils sont à la
marge d’une société qui leur refuse l’accès à l’éducation
et le droit à un avenir meilleur. C’est le lot de millions d’entre
eux, en particulier dans les villes d’Amérique latine. A Mexico,
certains trouvent dans le Cirque volant un lieu d’accueil, de construction
de soi, de vie culturelle et sociale. Un projet courageux face à une réalité sociale
accablante.
13. Réduire les déséquilibres
LRD
14. Quelques informations de plus
LRD
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