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Le dossier

Briser un tabou : réduire la consommation

Il faut consommer moins. Tout comme le médecin recommande à ses patients trop gros de moins manger pour éviter les ennuis de santé, de plus en plus d’observateurs préconisent d’alléger sans tarder les styles de vie gourmands en ressources pour éviter l’infarctus écologique et social global. Réaliser qu’il y a des limites à ses aspirations matérielles et se contenir relèvent d’une maturité dont l’humanité est encore loin. Il est vrai que le capitalisme tel qu’il se déploie partout n’encourage pas à la retenue, ignore la satiété, fait fi de la parcimonie : seul le chiffre d’affaires et sa croissance comptent.

Privilégier les produits locaux ou issus du commerce équitable, choisir son moyen de transport en fonction du trajet à parcourir, utiliser ses appareils électriques et électroniques le plus longtemps possible en les faisant réparer, contribuer à diminuer les déchets à la source et les trier, les options pour réduire l’impact de sa consommation et moins consommer n’impliquent en rien un régime draconien. Mais l’action sur le terrain ne portera pas ses fruits sans engagement pour une réglementation de la publicité et pour des politiques publiques conçues pour éliminer le gaspillage à tous les niveaux, depuis la production jusqu’à la gestion des déchets. Enfin, consommer moins peut signifier vivre mieux, comme le prouvent ceux qui décident de travailler moins et pratiquent « la simplicité volontaire ».



1. Quatre pages d’indicateurs
LRD

2. Briser un tabou
LRD

3. Planter les germes d’une consommation durable
Edgar Hertwich (directeur du programme d’Ecologie industrielle à l’Université technologique de Trondheim, en Norvège, et responsable du projet de recherche sur la consommation durable à l’Institut international pour l’analyse des systèmes appliqués (IIASA), à Laxenburg, en Autriche)
Comment nourrir, loger, habiller, déplacer et remplir le temps libre de 8 à 10 milliards d’êtres humains sans détruire l’environnement ? Le bilan de quelques programmes de promotion de la consommation durable européens est clair : seule une remise en cause radicale des styles de vie qui, pour l’heure, convergent vers celui de la classe moyenne des pays riches, permettra de maintenir sur Terre des conditions viables pour l’humanité. Un constat qui incite à orienter la recherche vers les habitudes de consommation.

4. L’Asie en route pour la consommation de masse
Matthew Bentley (chercheur à l’Université RMIT, à Melbourne, en Australie)
Bientôt deux milliards de personnes partageront un même style de vie consumériste dans le monde. En pleine émergence, une classe moyenne « globale » de consommateurs avides de voitures, de téléphones portables, d’appareils audiovisuels et électroménagers pèse très lourd sur les équilibres de la planète. Pour la première fois, une étude chiffre sa taille et sa répartition à l’échelle mondiale. Conclusion : l’Asie se profile en tant qu’acteur majeur du consumérisme planétaire.

5. Protéger les enfants de la publicité pour combattre l’obésité
Corinna Hawkes (chercheuse à l’Institut de recherche en politique internationale de l’alimentation (Ifpri), à Washington, aux Etats-Unis)
Le marketing et la publicité, en particulier dans le secteur de l’agroalimentaire, « ciblent » de plus en plus les jeunes en privilégiant deux voies d’entrée : la télévision et l’école. Compte tenu de l’épidémie d’obésité qui s’étend dans le monde, des mesures s’imposent pour endiguer cette évolution délétère. Plus profondément, une réflexion globale sur la publicité mérite d’être menée
.

6. De l’éthique dans le choix du consommateur
Deirdre Shaw (chercheuse à la Division de Marketing de l’Université calédonienne de Glasgow, au Royaume-Uni)
Les soucis éthiques dans la consommation s’amplifient. Pourtant, les facteurs qui influencent les choix des consommateurs inquiets des conséquences de leurs achats restent largement inconnus. Des enquêtes encore trop rares menées au Royaume-Uni montrent que le consommateur éthique est une personne informée qui se sent responsable et capable de contribuer à faire avancer les causes de la protection des travailleurs, de la préservation des écosystèmes et des animaux.

7. Manger, se déplacer et s’habiller en pensant aux autres et à la planète
LRD
Les pouvoirs publics diffusent une énorme quantité de conseils pratiques pour aider la population à réduire son « empreinte
écologique ». Bombardé de messages et d’options, le consommateur éprouve des difficultés à choisir. Les écobilans offrent une information encore incomplète, mais décisive pour s’y retrouver.

8. L’agriculture de proximité déborde de créativité
LRD
Le public adhère à l’un des préceptes de la consommation « durable » : l’agriculture locale. En France et en Suisse, de plus en plus de consommateurs optent pour un approvisionnement direct auprès des agriculteurs. Pour le plus grand bonheur des deux et le maintien d’une ceinture verte autour des villes.

9. Petite revue de la réparation au Royaume-Uni
Tim Cooper (chercheur au Centre for Sustainable Consumption, à l’Université Sheffield Hallam, à Sheffield, au Royaume-Uni)
L’habitude de faire réparer ses biens de consommation – montres, chaussures, mobilier, machines à laver, appareils électroniques – s’est tellement perdue que cette activité occupe désormais une part quasi négligeable du budget des ménages. C’est dommage, car les bénéfices de la réparation sont avérés pour l’environnement et l’emploi. Réparer plutôt qu’acheter, un réflexe qui ne reviendra au goût du jour que si les pouvoirs publics décident de le soutenir.

10. Des chercheurs suisses au secours du recyclage des ordinateurs en Asie
LRD
L’Inde et, plus encore, la Chine sont les poubelles high-tech de la planète. Eux-mêmes grands consommateurs d’ordinateurs et d’appareils électroniques, ces deux pays crouleront en plus bientôt sous leurs propres déchets toxiques. Un scénario que le projet eWaste (eDéchets) cherche à éviter en leur faisant profiter du savoir-faire suisse en matière de recyclage de ce type de déchets.

11. En France, l’incinération cristallise la discorde autour des déchets
LRD
Une multitude d’associations locales s’opposent à l’incinération des déchets en France. Pour renouer le dialogue autour de la gestion des déchets et contribuer à informer les populations, la conférence de citoyens est une piste constructive. Pour l’heure, celle organisée à Saint-Brieuc reste unique.

12. Résister à la consommation en optant pour la simplicité volontaire
Michael Maniates (professeur associé de sciences politiques et sciences de l’environnement au Allegheny College, à Meadville, aux Etats-Unis)
En réaction au stress et à la course folle liés à l’évolution de la vie professionnelle à partir des années 1980 aux Etats-Unis, le mouvement pour la simplicité volontaire a vu le jour. Ses adeptes se manifestent un peu partout dans le monde, mais c’est aux Etats-Unis qu’il reste le plus puissant. Une faiblesse le traverse pourtant : son caractère fondamentalement apolitique. Et un danger le guette : la récupération par le processus de marchandisation propre à la société capitaliste à laquelle il n’échappe pas.

13. Place à la politique
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14. Bric-à-brac sur les campagnes, les guides et les bonnes adresses
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