Accueil
Recevoir des infos par e-mail
Qui sommes-nous ?
Numéros déjà parus
Commander des numéros
Abonnements
Où nous trouver ?
Espace annonceurs (Kit media au format PDF)
Manifestations
Nous contacter
Questionnaire de satisfaction
« Etre ou ne pas être Kyoto-compatible » Appel aux lecteurs de LaRevueDurable
 





Le dossier

Quel tourisme pour une planète fragile ?

Repos, émotion, culture, nature, rencontre. Le tourisme, dont l’essor apparaît avec les congés payés et l’amélioration des conditions de vie dans les pays du Nord, renvoie à des images éminemment positives. Revers de la médaille : un défilé de touristes trop nombreux ou mal encadrés ne laisse pas les lieux visités indemnes. Détérioration des cultures locales, destruction des écosystèmes naturels et dénaturation du patrimoine culturel comptent parmi les suites classiques du tourisme de masse. Le tourisme soulève en outre un problème largement ignoré ou occulté, celui du transport. Le désir d’aller plus vite, plus loin et le plus souvent possible favorise les moyens de déplacement les plus polluants, l’avion en particulier.

Ce dossier de LaRevueDurable évoque longuement ces problèmes et des initiatives encore trop timides qui cherchent à y répondre : tourisme villageois et équitable, protection des sites les plus vulnérables, labels « verts », tourisme lent et de proximité. Pour se comporter de manière responsable, le touriste doit être au courant des impacts de son activité et savoir comment les atténuer. Surtout, il doit être conscient que faire du tourisme est un privilège. Un chiffre suffit à s’en convaincre : seul 1 % de la population mondiale prend l’avion.



1. Indicateurs
LRD

2. Comprendre ce qu'implique le tourisme
LRD

3. Constats et pistes pour que loisirs et tourisme deviennent durables
Theo Beckers (directeur scientifique de l'Institut Brabant de recherche pour un développement durable régional (Institut Telos), à Tilburg, aux Pays-Bas, et professeur d'étude des loisirs et de développement durable à l'Université de Tilburg) et Erik van Ingen (doctorant à l'Université de Tilburg et chercheur à l'Institut Telos)
L'explosion générale des loisirs dans la société moderne se caractérise par des évolutions de l'offre, de l'accès et du sens. Et la société des loisirs allant de pair avec la croissance des transports et de la consommation, la question de sa compatibilité avec les critères du développement durable se pose avec force. Tentative d'identification et de caractérisation du phénomène pour discerner les pistes qui s'ouvrent à une pratique durable des loisirs et du tourisme.

4. L'avion est le moyen de transport le plus polluant
LRD
Parmi les conséquences écologiques du tourisme, la pollution atmosphérique due au trafic aérien est énorme. Elle passe pourtant largement inaperçue. Gouvernements et autorités locales continuent de favoriser ce mode de transport via d'importantes exceptions fiscales, parfois à coup de subventions. Et les touristes n'hésitent pas à sauter dans un avion pour parcourir des trajets que le train dessert tout aussi bien. La tension qui monte à cause du bruit autour des aéroports est la seule raison de penser que le trafic aérien finira tout de même par buter sur une limite.

5. Le tourisme n'aide pas toujours le développement
LRD
Combattre la pauvreté avec le tourisme. L'idée est séduisante. D'autant qu'en matière de tourisme, les pays du Sud jouissent d'avantages concurrentiels : une culture et une nature encore en partie préservée et une main-d'œuvre bon marché. En dépensant son argent en vacances au Sud, le touriste contribuerait ainsi à augmenter le niveau de vie des populations pauvres. La réalité se révèle bien différente. Une partie très importante des dépenses des touristes revient au pays émetteur et les populations locales tendent plutôt à subir les nuisances du tourisme qu'à profiter de ses retombées positives.

6. Les initiatives de tourisme autochtone et villageois se multiplient
Sylvie Blangy (consultante spécialiste de l'écotourisme, à Montpellier, en France)
Désir d'exotisme ou intérêt véritable pour les autres cultures, le tourisme autochtone est très porteur. Mais il menace de détruire l'essence même de ce qui fait son attrait : la différence et l'authenticité des peuples indigènes. Les communautés autochtones peuvent néanmoins tirer avantage de projets touristiques librement consentis et bien encadrés. Ils ont le potentiel pour apporter une véritable valorisation de leur culture, une source de revenus pour maintenir leur mode de vie, voire une vitrine internationale pour défendre leurs intérêts. Des démarches de labellisation, de mise en réseau et d'encadrement sont en cours pour soutenir et fédérer les bonnes pratiques qui voient le jour, ici et là, dans ce domaine.

7. Protéger le patrimoine mondial de l'humanité
Arthur Pedersen (chargé de la gestion du tourisme dans les sites du patrimoine mondial de l'Organisation des Nations unies pour l'éducation, la science et la culture (Unesco))
Le poison, c'est bien connu, est souvent dans la dose. Ce dicton s’applique au tourisme. Pratiqué avec modération, il draine des revenus utiles pour entretenir et étudier le patrimoine historique, culturel et naturel. Les communautés locales en retirent alors des avantages qui les poussent à s'intéresser à leur patrimoine. Mais a contrario, l'afflux massif incontrôlé de visiteurs menace la survie des sites et des monuments fragiles et déstabilise les populations locales dans leur identité même. L'Unesco s'attache à tirer les leçons des expériences qui concilient tourisme et respect des sites uniques.

8. Préserver le paradis terrestre grâce à des standards verts
Martha Honey (chercheuse au Centre sur l'écotourisme et le développement durable, à Washington, aux Etats-Unis)
Comme pour tout autre produit de consommation, les labels déferlent sur l'industrie du tourisme. Mais dans ce secteur d'activités, les infrastructures, les destinations et les intervenants sont innombrables. Face à une telle situation, une harmonisation internationale des critères d'attribution des labels « verts » semble encore irréaliste. Elle est pourtant urgente pour aider les touristes à voyager de façon responsable et tirer l'ensemble de cette industrie vers la durabilité.

9. Le tourisme lent contre le bruit et la fureur des vacances
Raphael Matos-Wasem (chercheur à l'Institut Economie et tourisme, à la Haute école valaisanne (HEVs) à Sierre, en Suisse)
Les réactions croissantes à l'égard d'un mode de vie fondé sur la performance et la compétition sont les signes annonciateurs d'une demande touristique en phase avec des valeurs plus proches de la nature, axées sur la découverte des environnements naturel et humain. Ce tourisme passe par un comportement différent, un autre rythme de vie autour de la découverte lente, plus profonde et plus vraie, d'un lieu, de ses habitants et de leur culture.