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Le dossier

Adapter les bâtiments au froid et aux canicules
Guerre du pétrole, prolifération nucléaire, changement climatique, déchets radioactifs et menace du nucléaire civil : la question de l’énergie est au cœur des pires dangers qui planent sur la société industrielle. Jamais aucune technique n’empêchera les marchands d’armes et les lanceurs de bombes d’exécuter leurs sales besognes, mais au moins est-il possible de réduire la dépendance à l’égard des énergies fossiles et fissiles en faisant tout ce qui est réalisable pour maîtriser la consommation d’énergie. Cette attitude seule rend les énergies renouvelables aptes à jouer un rôle significatif, voire prépondérant, et non un simple rôle d’appoint aux allures d’alibi.

Dans le domaine de la chaleur et du bâtiment, la maîtrise de la consommation d’énergie doit intervenir à deux niveaux : ceux du chauffage l’hiver et du rafraîchissement l’été. Ce dossier met en avant les moyens d’améliorer la qualité thermique globale des logements de façon à réduire les besoins en chaleur et en fraîcheur artificielle, en particulier pour les foyers au budget limité. Il expose également les progrès du solaire thermique dans certains pays d’Europe.



1. Indicateurs


2. En 2020, Français et Suisses pourraient se chauffer en émettant six fois moins de CO2
LRD
L’avenir énergétique est décisif pour la durabilité des sociétés industrielles. Pour aider à faire des choix judicieux, deux scenarii énergétiques, l’un en France, l’autre en Suisse, envisagent de maîtriser l’énergie, d’augmenter la proportion des renouvelables et de faire chuter les émissions de dioxyde de carbone (CO2) d’ici à 2050. La question du chauffage est au cœur de ces scenarii.


3.Redéfinir le confort: un défi pour la consommation durable.
Elizabeth Shove (chercheuse au Département de sociologie de l’Université de Lancaster, au Royaume-Uni.)

De plus en plus rigide et exigeante en tout lieu et en toute saison, la quête du confort intérieur met à mal les écosystèmes et les réserves énergétiques de la planète. Au lieu de promouvoir des solutions technologiques qui confortent la légitimité des « besoins » en chaleur et en air frais sans cesse revus à la hausse, les politiques publiques feraient mieux de s’intéresser à la notion même de confort et aux pratiques associées. Pour un mode de vie plus durable.


4. L’étiquette Energie pour les bâtiments est pour demain
LRD
Deux grands outils se distinguent en Europe pour faire en sorte que le parc immobilier absorbe moins d’énergie : les labels, qui ont notamment cours en Suisse et en Allemagne, et un jeu d’étiquettes signalant la qualité énergétique de tous les bâtiments. En vigueur au Danemark, ces étiquettes verront bientôt le jour dans toute l’Union européenne (UE). Mais pour que ces instruments de politique publique diffusent le plus possible et s’appliquent à l’habitat existant autant qu’au neuf, le volontarisme des élus, des associations et de chaque citoyen est irremplaçable.


5. L’isolation est le meilleur atout contre la pauvreté thermique
Jonathan Healy (analyste à l’Agence de lutte contre la pauvreté, à Dublin, en Irlande.)

Un logement mal isolé conduit à consommer davantage d’énergie et à polluer plus qu’un logement de bonne qualité thermique. Et si les habitants sont des familles défavorisées, elles risquent de souffrir du froid et de l’humidité. Une étude sur la pauvreté thermique révèle le lien entre la mauvaise qualité des logements et une hausse de la mortalité en hiver à l’échelle européenne. Depuis trente ou quarante ans, certains gouvernements favorisent l’isolation des logements pour lutter contre ce phénomène.

6. Rénover les logements sociaux relève du bon sens
Bruno Peuportier (chercheur à l’Ecole des Mines de Paris, en France.)

Les logements sociaux ont souvent été construits dans la précipitation, pour répondre à une demande très forte d’appartements bon marché. Conséquence : les bâtiments sont souvent mal isolées, le confort médiocre et les charges de chauffage importantes. Rénover les logements sociaux dans l’optique de mieux les isoler et les adapter aux conditions climatiques améliore le bien-être des locataires, réduit leurs frais de chauffage et profite à l’environnement. La ville française de Montreuil en fait l’expérience.


7. A Barcelone, le solaire devient la norme
Josep Puig (est professeur à l’Université autonome de Barcelone, en Espagne. Il a été conseiller municipal de la ville de Barcelone de 1995 à 1999.)

Pour promouvoir le solaire thermique, Barcelone n’y va pas par quatre chemins : un arrêté de la ville impose à tout bâtiment nouveau ou rénové de fournir 60 % de l’eau chaude sanitaire avec des chauffe-eau solaires. Une première qui essaime dans la péninsule Ibérique. Ses promoteurs rêvent maintenant d’influencer l’Union européenne (UE).


8. Une technologie libre promeut la diffusion du solaire thermique
Pascal Cretton (responsable technique de Sebasol Vaud à Lausanne, en Suisse.)

Utiliser le soleil pour chauffer l’eau est très simple : disponible, la technologie est bien connue et bon marché. Depuis dix ans, l’association Sebasol s’efforce de la populariser et de responsabiliser ses utilisateurs. Avec des répercussions parfois étonnantes sur l’évolution technologique. Deuxième article d’un triptyque sur l’énergie solaire appliquée à l’eau chaude sanitaire et au chauffage.


9. Le chauffage électrique et le débat français sur les énergies
Hélène Gassin (chargée de la campagne Energie à Greenpeace France.)

En 2003, le Gouvernement français a organisé un débat sur les énergies en préalable à l’adoption d’une loi d’orientation. A cette occasion, des critiques fondamentales ont été formulées à propos du chauffage électrique. Mais le gouvernement feint de ne rien entendre.


10. L’architecture des pays tempérés peut s’adapter aux conditions caniculaires
Jean Bouillot (architecte, à Beaune, en France.)

Le voyage sous des latitudes inhabituelles révèle comment, en chaque lieu, on a su adapter l’habitat aux conditions climatiques spécifiques, parfois extrêmes, avec des moyens très simples. Après la canicule qui a traversé l’Europe tempérée durant l’été 2003, les multiples solutions architecturales propres aux climats chauds et secs peuvent être des sources d’inspiration.


11. Il est possible de garantir le confort d’été sans recourir à la climatisation
Bernard Lachal, Christian Soutter et Willy Weber (travaillent au Centre universitaire d’études sur les problèmes d’énergie -Cuepe- de l’Université de Genève, à Carouge, en Suisse)

Banaliser la climatisation mettrait à mal la politique de maîtrise de la consommation d’électricité. Il faut donc tout faire pour l’éviter. L’étude de la rénovation de plusieurs bâtiments en Suisse démontre que des améliorations très simples suffisent à maintenir, dans la plupart des cas, des températures confortables même lors de fortes chaleurs, réduisant ainsi les besoin en énergie pour la climatisation lorsqu’elle est nécessaire. Climatiser un bâtiment sans agir sur l’enveloppe équivaut à chauffer sans isoler.


12. La climatisation n’est pas le seul remède en cas de canicule
LRD
Durant la canicule de l’été 2003, de nombreux médecins chefs de services ont demandé l’installation de la climatisation en France. Exprimés avec la force de l’urgence, ces appels ont été entendus : les ventes de climatiseurs sont en plein boom dans ce pays. Il existe pourtant une autre approche pour freiner la montée de la température dans les logements en cas de forte chaleur : l’adaptation des bâtiments au climat. Elle présente maints avantages, notamment pour l’écologie et la justice sociale. Analyse.