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L’eau est l’affaire de tous

Parmi les besoins fondamentaux de l’humanité, l’eau vient au premier rang : l’eau pour boire et, plus encore, pour fabriquer de la nourriture. Or, la poussée démographique met une pression gigantesque sur les ressources en eau de la planète et pose un défi énorme en termes d’infrastructures à construire, en particulier en Asie. De plus, l’industrialisation générale des activités humaines menace la qualité des eaux.

Face à l’utilisation colossale de l’eau et à sa pollution tous azimuts sur la planète, ce dossier déploie un panorama succinct des problèmes les plus évidents liés à cette situation et les pistes qui existent pour l’améliorer. En vrac, il s’agit de maîtriser la consommation d’eau en agriculture, d’épargner les écosystèmes dont le rôle régénérateur est essentiel, d’organiser la concertation autour des conflits d’usage, de mieux comprendre les mécanismes liés à l’eau pour faciliter la prise de décisions, de se préparer face aux bouleversements du cycle de l’eau que le réchauffement global prépare et de financer l’accès à l’eau en privilégiant les options les plus simples, les moins chères et qui s’appuient le plus possible sur les savoir-faire locaux.

Et dans cette affaire sans doute plus encore que dans toute autre, il apparaît que l’implication de chacun pour sauvegarder l’eau là où il vit est irremplaçable.



1. Indicateurs

2. L’agriculture peut tirer plus de chaque goutte d’eau
Bart Snellen (coordinateur du programme Eau pour l’alimentation et les écosystèmes, Université de Wageningen, Pays-Bas)
L’agriculture, surtout l’agriculture irriguée, consomme d’énormes quantités d’eau douce. Or, dans bien des pays, la pénurie menace. Pour écarter les risques de famine, il est donc urgent d’apprendre à produire plus d'aliments avec moins d’eau. C'est l'objectif de diverses initiatives internationales et du programme mondial Eau pour l’alimentation et les écosystèmes.

3. En Inde, des avancées ont lieu pour que promoteurs et opposants aux grands barrages ouvrent le dialogue
Jayanta Bandyopadhyay (directeur de recherche à l’Institut indien de management (IIM), Calcutta, Inde), Bidisha Mallik (chercheur à l’IIM), Maitreyi Mandal (idem) et Shama Perveen (idem)
L’Inde reçoit de grandes quantités d’eau. Mais la mousson s’y concentre sur deux mois et demi et, alors que la disponibilité d’eau annuelle par habitant ne cesse de faiblir, les capacités de stockage risquent de ne plus suffire. Les barrages représentent une option pour rehausser ces capacités, mais ils soulèvent des problèmes humains et écologiques colossaux. Un dialogue est en cours entre les différents porteurs d’intérêts sur les barrages pour rendre la prise de décision à leur sujet plus robuste scientifiquement et socialement.

4. Les changements climatiques obligent à revoir la gestion de l’eau
Martine Rebetez (climatologue à l’Institut fédéral de recherche sur la forêt, la neige et le paysage (WSL), Lausanne, Suisse)
Les changements climatiques affecteront en profondeur le cycle de l’eau partout sur la planète. En particulier, les précipitations devraient augmenter de façon très inégale : de très fortes pluies alterneront de plus en plus avec de longues périodes de sécheresse dans de nombreuses régions qui n’étaient jusqu’à présent pas touchées par d’importantes variations pluviométriques. Tout l’enjeu est de réussir à s’adapter au plus vite à cette évolution.

5. Un programme de recherche permet de comprendre et d’anticiper l’évolution de la Seine
Gilles Billen (CNRS et professeur de microbiologie à l’Université Pierre et Marie Curie, Paris, France ; directeur du Groupement de recherche Piren-Seine)
Longue de 776 kilomètres, la Seine traverse d’importantes zones d’agriculture intensive et d’activité industrielle très polluantes ainsi, bien sûr, que Paris. Face aux pressions que les activités humaines font peser sur ce fleuve, le programme interdisciplinaire « Piren-Seine » vise à comprendre son fonctionnement écologique global. Mené en partenariat entre des organismes de recherche et les acteurs de la gestion de l’eau, ce programme est un outil très précieux d’aide à la décision.

6. La gestion du Léman : La population s’engage pour recenser les rejets polluants du lac Léman
Jean-Bernard Lachavane, (directeur du laboratoire d'Ecologie et de biologie aquatique (LEBA), Université de Genève, Suisse), Olivier Goy (coordinateur de l’Association sauvegarde du Léman) et Raphaëlle Juge (chercheuse au LEBA)
La récente réputation du lac Léman doit beaucoup aux marins de renommée mondiale qui y naviguent. Mais le Léman, plus grande réserve d’eau douce d’Europe centrale et occidentale, est aussi le lieu d’une campagne exemplaire de récupération de la qualité de ses eaux. Signe particulier de cette campagne : elle fait appel à la participation des populations qui vivent autour du lac et profitent de ses bienfaits.

7. New York protège ses sources rurales pour fournir de l’eau potable à ses habitants
Rutherford H. Platt (professeur à l’Université du Massachusetts, Amherst, Etats-Unis), Paul K. Barten (idem) et Max J. Pfeffer (professeur à l’Université Cornell, New York
L’eau que les New-Yorkais consomment vient du bassin de l’Hudson. Une zone où la ville investit massivement pour garantir la qualité de ses eaux. Cette option est doublement gagnante, car prévenir la pollution est beaucoup plus intelligent et bien moins coûteux que d’avoir à s’en remettre à la dépollution.

8. Pour une nouvelle culture de l’eau en France
Thomas Nicolay (chargé de mission sur l’eau à France Nature Environnement, Orléans, France)
En France, l’eau est un patrimoine commun menacé. Une réforme et un plan d'action national ambitieux sont urgents pour atteindre l'objectif de bon état des eaux en 2015, en accord avec une récente directive européenne. Un large débat public est en ce moment consacré à cette cause, auquel participe France Nature Environnement, fédération française des associations de protection de la nature et de l'environnement. Inventaire de quelques points clefs du débat.

9. Des techniques simples fournissent de l’eau potable aux populations pauvres
Martin Wegelin et Regula Meierhofer (Département de l’eau et l’assainissement pour les pays en développement de l’Institut fédéral pour l’aménagement, l’épuration et la protection des eaux (EAWAG), Dübendorf, Suisse) :
Plus d’un tiers de la population des pays du Sud n’ayant pas accès à l’eau potable, la communauté internationale multiplie les déclarations l’engageant à changer cette situation. Pour accélérer ce changement, il est possible de mettre en œuvre des procédés pour produire de l’eau potable à très faible coût. Un modèle d’approvisionnement décentralisé est peut-être en train de naître.

10. Des pistes pour financer les services d’eau potable et d’assainissement dans le monde
LRD
Les objectifs des Nations unies en matière de distribution d’eau potable et d’assainissement sont très ambitieux. Mais les sommes à investir pour les réaliser sont colossales. Pour trouver l’argent nécessaire, les secteurs publics nationaux et privés éprouvent chacun de grosses difficultés. Face à cette situation, les voies qui passent par les ressources locales – matérielles et financières – sont de loin les plus prometteuses. Et jamais aucune avancée institutionnelle ne remplacera l’implication des acteurs sociaux pour la chose publique.

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