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Le dossier

Préserver les ressources naturelles et la paix

Depuis la fin de la guerre froide, la situation des sociétés sur la planète ne cesse de se dégrader et les conflits se multiplient. Les ressources naturelles jouent souvent un rôle causal dans ces conflits. Très schématiquement, ce rôle prend deux voies très différentes. D’un côté, la raréfaction des ressources renouvelables disponibles localement à des populations rivales – terres agricoles, pêcheries, eau, forêts- engendre des tension meurtrières. De l’autre, le contrôle de ressources renouvelables ou non  - diamants, minerais divers, cultures illicites, bois- permet de financer des guerres ou le terrorisme.

Ce dossier présente des conflits liés aux ressources naturelles qui ont été résolus ou sont en passe de l’être : la guerre du turbot au large de Terre-Neuve, les violences interclaniques au nord du Kenya et l’Initiative du bassin du Nil qui réunit les dix pays riverains de ce fleuve. Mais les exemples de conflits résolus sont difficiles à trouver. Ce dossier cherche donc aussi à mettre en avant de nombreuses initiatives, approches ou campagnes qui visent à prévenir le plus et le mieux possible le déclenchement de conflits, à stopper les conflits en cours, à lutter contre la prolifération des armes légères qui tuent 80% des personnes –la plupart civiles- dans les conflits armés et à « ramasser les piots cassés » à l’issue de tels conflits. Elles en demandent qu’à être soutenues et à voir leur efficacité renforcée.



1. Indicateurs

2. La pénurie environnementale favorise la violence civile dans le monde.
Thomas Homer-Dixon
Les pénuries de terres agricoles, d’eau douce et de forêts jouent un rôle causal dans la genèse de la violence dans le monde. Or, la dégradation et l’épuisement des ressources renouvelables, une demande croissante pour ces ressources et/ou leur distribution inégale risquent fort de s’aggraver dans les années qui viennent. Rien ne garantit que les sociétés sauront faire preuve de l’inventivité nécessaire pour s’adapter. Il est donc probable que l’incidence des pénuries environnementales sur la violence augmentera dans prochaines années. Les dirigeants des pays riches devraient tenir compte de cette donne majeure s’ils veulent contribuer au maintien de la paix et favoriser un développement durable.

3. Forêts pour la guerre, forêts pour la paix
Jason Switzer
En plus de fournir un abri et de quoi vivre à des millions de personnes, les forêts sont liées à la sécurité des communautés et des nations. Elles servent de cachette, de garde-manger ou d’entrepôt, protègent les communautés et les infrastructures des éboulements, des avalanches et d’autres désastres. L’idée qu’il serait judicieux d’élargir la définition de la sécurité au-delà de la seule intégrité de l’Etat-nation, en y incluant celle de l’environnement, et notamment de la forêt, gagne donc du terrain.

4. Convertir des zones frontalières contestées en lieux de paix et de biodiversité
LRD
Construire la paix sur un projet commun de conservation de la nature. Voilà une idée séduisante et une stratégie doublement gagnante que l’Union pour la conservation de la nature promeut depuis cinq ans. L’impact de ces projets sur le processus de construction de la paix n’est pas encore bien compris, mais toute contribution à la paix est précieuse.

5. Les entreprises doivent dire ce qu’elles versent aux gouvernements du Sud
Gavin Hayman
Les entreprises pétrolières, minières et gazières qui opèrent dans les pays en développement versent des sommes importantes aux gouvernements de ces pays pour pouvoir exploiter leurs ressources. Pour éviter tout contrôle démocratique, certains de ces gouvernements imposent le secret sur ces transactions. Dans ce cas, loin de servir au bien-être des populations locales, cet argent atterrit souvent chez les marchands d’armes ou dans la poche des dirigeants. Pour éviter de nourrir les conflits, Global Witness mène campagne pour la transparence financière dans l’exploitation des ressources naturelles des pays du Sud.

6. L’érradication des cultures de drogues ruine des milliers de paysans
Martin Jelsma
Le trafic mondial de drogues illicites est une des principales sources de financement des guerres et du terrorisme. Pour lutter contre ce fléau, la communauté internationale applique des politiques de plus en plus radicales de destruction des cultures de coca et de pavot. Les conséquences pour les petits paysans et leur environnement sont désastreuses. A l’instar de la politique progressiste qu’utilisent certains pays européens pour traiter la toxicomanie, l’approche dite « du moindre mal » vis-à-vis des petits paysans producteurs serait plus appropriée.

7. Dans les territoires occupés, Israël protège mal les cueilleurs d’olives palestiniens
Yehezkel Lein
B’Tselem mène campagne pour que les Palestiniens puissent cultiver et récolter leurs olives dans de bonnes conditions dans les territoires occupés. Cette action est plus que jamais nécessaire, alors que la récolte des olives est une source cruciale de revenus pour des dizaines de milliers de résidents Palestiniens soumis à un stress économique sans précédent.

8. Des femmes se mobilisent pour la paix sur les terres arides au nord du Kenya
Christopher Huggins
Au nord du Kenya, les communautés semi-nomades font face à un environnement où les ressources en eau et en pâturages se font rares. En outre, la sécheresse aggravée ces dernières années favorise l’émergence de conflits meurtriers entre différentes communautés de pasteurs. Dans le district du Wajir, un groupe de femmes lutte contre la violence depuis le début des années 1990. Récit d’une entreprise de pacification très encourageante entièrement initiée au sein des populations locales de cette région d’Afrique.

9. Une dynamique internationale pour comprendre les conflits sur les sols
LRD
L’association TORBA Sols et Sociétés met en route un atelier international sur les conflits liés aux sols. La quantité de sols en bonne santé ne cesse de diminuer. Or, la sécurité alimentaire mondiale et le bon fonctionnement environnemental de la planète dépendent de l’existence et de la bonne santé de cette ressource. L’enjeu est donc de taille. TORBA lance une dynamique pour identifier et comprendre comment prévenir, atténuer et gérer les conflits en relation avec l’utilisation des sols.

10. L’Initiative du bassin du Nil fait dialoguer dix pays sur le partage de l’eau du fleuve
Simon A. Mason
L’Egypte, pays le plus peuplé et le plus aride d’Afrique du Nord, a une source exclusive d’eau : le Nil. Pas étonnant donc qu’en 1979, le président égyptien Anouar el-Sadate déclare que l’eau est le seul mobile qui puisse conduire l’Egypte à entrer en guerre. Il répond ainsi aux intentions de l’Ethiopie d’exploiter les eaux du Nil pour irriguer ses champs et produire de l’électricité. Aujourd’hui, les menaces de guerre semblent écartées, car ces pays et tous les autres pays que le Nil traverse coopèrent pour chercher ensemble à satisfaire leurs besoins sans attendre d’avoir à s’accorder sur des positions inconciliables.

11. Une coalition mondiale pour l’accès à l’eau pour tous
LRD
L’analyse dominante soutient que, sous l’effet de la pression démographique et de l’industrialisation, l’eau potable devient source de conflits en se raréfiant. Constituée en 2002, la Coalition pour un contrat mondial de l’eau s’appuie sur une analyse différente. Selon ses concepteurs, c’est plutôt la volonté de s’accaparer l’eau par l’appropriation privative ou par la force qui est source de conflits.

12. La guerre du turbot arrêtée net au large de Terre-Neuve
Elizabeth R. DeSombre et J. Samuel Barkin
Au printemps 1995, un navire canadien tire des coups de feu sur un bateau espagnol qui pêche le turbot au large de Terre-Neuve. Le Canada accuse alors l’Espagne de surexploiter les stocks déclinant de ce poisson dans cette zone. Puis, à la suite de plusieurs altercations diplomatiques, le Canada et l’Union européenne signent un accord qui renforce la gestion durable des ressources halieutiques du Nord-Ouest de l’Atlantique.

13. Une initiative pour « nettoyer » les rebuts militaires hérités de la guerre froide
Stephan Robinson et Paul Walker
La fin de la guerre froide et sa course aux armements laisse un héritage délétère : des milliers de sites contaminés, de centaine de milliers de tonnes d’armes chimiques et nucléaires. Détruire de ces rebuts militaires et réhabiliter ces sites pollués sont des défis technique inédits qui, à juste titre, inquiètent les populations voisines. Face à ces deux donnés, l’organisation Green Cross s’attèle, depuis 1994, à informer et à associer les populations riveraines à des projets de destruction d’armes et d’assainissement des sites militaires pollués.

14. Les armes légères tuent bien plus que les armes de destruction massive
LRD
Les armes légères et les mines antipersonnel sont les principaux instruments de mort des guerres dans les pays du Sud. La communauté internationale se mobilise pour récolter et détruire les stocks d’armes légères qui se déplacent sur la planète au gré des conflits.

15. Pratique : Des campagnes pour éviter de financer la guerre en faisant ses courses
LRD
Comment agir pour la paix au quotidien alors que les conflits au fin fond de l’Afrique semblent si lointains et inaccessibles ? Pourtant des articles d’usage courant proviennent de l’exploitation illégale des ressources naturelles qui sert à financer la guerre. Petit détour sur quelques campagnes qui offrent la possibilité à tout un chacun de faire des petits gestes très concrets pour la paix.