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Le dossier

Qualité de l’air: comment lutter contre la pollution ?

La qualité de l’air est vitale pour la santé de ceux qui respirent, à commencer par celle des êtres humains. Même si des lacunes de taille subsistent, on comprend de mieux en mieux les effets des principaux polluants de l’air sur la santé. Et au fur et à mesure que cette compréhension augmente, des normes de plus en plus sévères dans les pays du Nord poussent les industriels à innover, notamment en matière de moteurs et de carburants. Du coup, la qualité de l’air s’améliore dans cette partie du monde, même si l’accroissement continuel du trafic motorisé annule en partie l’impact des progrès accomplis.

C’est désormais le trafic motorisé qui constitue la principale source de pollution de l’air en milieu urbain. Dès lors, si l’on veut protéger la vie des populations, la lutte contre la pollution de l’air devrait privilégier ce secteur. La situation est très simple : plus on construira de routes, d’autoroutes et de tunnels, plus les émissions de gaz polluants seront présentes et plus la santé des populations en pâtira. Il est remarquable de noter que la pollution de l’air tue beaucoup plus que les accidents de la route : environ six fois plus en Suisse et quatre fois plus en France, où la sécurité routière est moins bonne qu’en Suisse.

Ainsi, en plus d’exposer l’impact de la pollution de l’air sur la santé et le coût économique de cet impact de façon à pouvoir l’internaliser, le dossier de ce numéro met en avant toute une série de stratégies aptes à réduire la pollution de l’air en ville, en particulier dans le secteur du trafic motorisé. Dans l’hémisphère Sud, Mexico et Bogotá prennent des mesures qui vont dans ce sens. Enfin, ce dossier montre qu’en matière de réduction des émissions de CO2, l’échec est total.



1. Indicateurs
LRD

2. Les liens entre l’environnement et la santé ont besoin de nouveaux indicateurs
Dafina Dalbokova et Michal Krzyzanowski
Suivi de Quels indicateurs environnement et santé pour la Suisse ?
Sonja Kahlmeier : Le bureau européen de l’Organisation mondiale de la santé développe un système d’indicateurs environnement-santé. Le but est d’aider les décideurs à mieux évaluer et à agir pour combattre les principaux problèmes de santé liés à l’environnement. Un projet pilote est en cours dans 14 pays européens, dont la Suisse.

3. Les principaux polluants de l’air et leurs effets sur la santé
LRD
Depuis les années 1950 la compréhension des conséquences sur la santé de la pollution a fortement progressé. A partir des années 1970, ces connaissances servent à définir des objectifs de qualité de l’air, exprimés par le biais de normes pour chaque polluant. Et des modèles mathématiques sur la dynamique des polluants permettent d’identifier les mesures les plus efficaces à prendre pour atteindre ces objectifs. Ces trois éléments constituent la base de tout dispositif de la gestion de la qualité de l’air.

4. La pollution de l’air tue des dizaines de milliers de personnes en Europe
LRD
Chaque année, en Autriche, en France et en Suisse, au moins 40 000 personnes décèdent de manière prématurée à cause de la pollution de l’air. Et 50% de ces morts sont directement attribuables aux émissions du transport motorisé. Des études récentes confirment aujourd’hui ces résultats alarmants publiés en 1999.

5. Les effets de la pollution de l’air sur la santé ont un coût mesurable
Heini Sommer
L’article précédant chiffre à plus de 40 000 le nombre de décès prématurés chaque année dus aux PM10, et à plusieurs centaines de milliers les cas de maladies cardiovasculaires et respiratoires dues à ce même polluant. Afin d’imputer la charge économique de ces dommages à ceux qui en sont responsables, c’est-à-dire en particulier au secteur des transports, il est indispensable d’exprimer les résultats épidémiologiques en données monétaires. Ce calcul permet ensuite d’estimer le coût de la taxe à appliquer aux véhicules en raison des pollutions qu’ils infligent à la collectivité. Cet article présente comment y parvenir.

6. Des médecins en faveur de l’environnement
Gaudenz Silberschmidt
L’Association suisse des Médecins en faveur de l’environnement (MfE) est née en 1987 de l’inquiétude de médecins face à la dégradation de l’environnement qui menace les bases de la vie des générations présente et future. L’association réunit 2200 membres, dont la plupart sont médecins. MfE cherche à sensibiliser le milieu médical, le public et les autorités publiques aux problèmes de santé liés à la destruction et à la pollution de l’environnement. L’association promeut également des styles de vie plus sains et considère que le rôle du médecin est de favoriser les actions préventives en plus de guérir.

7. Les émissions de polluants oscillent entre progrès techniques et explosion du trafic
Robert Joumard
Depuis dix ans, l’amélioration des moteurs, les pots catalytiques et la modification des carburants entraînent une forte diminution des émissions des véhicules motorisés. Mais l’explosion du trafic routier et la banalisation de la climatisation des voitures annoncent une hausse des émissions de dioxyde de carbone. Et les émissions de poussières fines et d’oxydes d’azote ne reculent pas aussi vite qu’il serait souhaitable pour réduire le plus possible les risques en matière de santé publique.

8. Une association surveille et étudie la pollution atmosphérique en Alsace
LRD
En France, le dispositif de surveillance de la qualité de l’air et de ses effets sur la santé et l’environnement est particulier. C’est en effet un réseau associatif qui le prend en charge. En Alsace, l’Association pour la surveillance et l’étude de la pollution atmosphérique fait partie de ce réseau. Elle est pionnière de la quête pour une meilleure qualité de l’air. Regard sur une organisation qui se développe depuis 25 ans.

9. Un Plan de l’air pour la Wallonie
Dominique Costermans
Le Gouvernement Wallon a décrété l’année 2002 « année wallonne de la qualité de l’air ». Le lancement du « Projet de Plan wallon de l’Air à l’horizon 2010 » est au centre de cette manifestation. Son but est de mettre en place une politique intégrée de protection de l’air qui s’attaque aussi bien à la pollution locale qu’aux problèmes globaux de l’effet de serre et du trou dans la couche d’ozone. Grâce à une intense campagne médiatique et à un important effort de vulgarisation, l’enquête publique s’annonce déjà comme un succès.

10. Crans-Montana se mobilise pour
son bien-être
Danielle Emery Mayor
Depuis la conférence de Rio, en 1992, l’Organisation mondiale de la santé coordonne des efforts dans les domaines de l’environnement qui touchent à la santé des populations. Les plans d’action environnement et santé constituent le principal instrument de cette politique. En Suisse, la station touristique de Crans-Montana est une des trois régions pilote du Plan d’action environnement et santé. Son but est d’inciter habitants et touristes à se déplacer à vélo et à pied pour leur bien-être et pour le plus grand bénéfice de l’environnement. Mais des intentions aux actes, le chemin est long avant de voir la population s’approprier la démarche et modifier ses habitudes.

11.La ville de Mexico se bat pour la qualité
de son air
Luisa Molina
Deuxième mégalopole au monde après Tokyo avec 18 millions d’habitants, Mexico est une des villes les plus polluées de la planète. Au premier rang mondial pour la pollution de l’air par le dioxyde d’azote, au troisième rang pour le dioxyde de soufre, derrière Rio de Janeiro et Pékin, au quatrième rang pour les poussières fines, après New Delhi, Pékin et Calcutta, Mexico occupe une place peu enviable au palmarès des villes où l’on respire mal. Depuis quarante ans, le gouvernement du Mexique et les autorités de la ville s’efforcent d’y améliorer la qualité de l’air.

12. L’air de Bogota devrait devenir plus respirable
Yves Reymond
La qualité de l’air à Bogota, capital de la Colombie, souffre de la forte concentration de population, des activités économiques et des transports. Depuis 2001, la ville dispose d’un nouveau système de transport collectif qui devrait contribuer à réduire la pollution. Et l’utilisation du vélo progresse grâce à l’amélioration des infrastructures.  Mais il est encore trop tôt pour évaluer les conséquences sur la qualité de l’air.

13. La pollution intérieure par les combustibles touche gravement les femmes en Inde
Jyoti K. Parikh
Plus de deux milliards de personnes dans le monde dépendent de déchets agricoles, de bois et de fumier pour cuire leurs aliments. Cette dépendance est très fréquente dans les régions rurales d’Asie du Sud. Mais l’utilisation de ces combustibles dans des lieux fermés et mal ventilés rend l’air très vicié. Chaque année, au moins deux millions de femmes et d’enfants meurent des conséquences de cette pollution. Les programmes de substitution des combustibles offrent une solution, mais à condition d’intégrer les femmes à la décision.

14. Des gestes simples pour améliorer l’air en ville
Marc Le Rochais
La qualité de l’air profite de toutes les mesures qui permettent des économies d’énergie. Dans le domaine des transports, l’une de ces mesures consiste à privilégier les transports publics et le vélo. La voiture est un moyen de transport raisonnable si elle s’insère dans un schéma d’autopartage, à condition de choisir les modèles les moins polluants et de conduire de manière à minimiser les émissions de polluants. La maîtrise de la pollution passe aussi par le débat public et l’exercice de la démocratie.

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